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Par Nissan Mindel / fr.chabad.org

Savez-vous comment on va à Jérusalem ? Rien n’est plus facile. Nos Sages donnent, à ce propos, les indications les plus complètes. Écoutez-les :

« Dieu mesura le monde. Au centre exact de la terre, Il plaça la Terre Israël, et au centre de ce pays, Jérusalem. Au centre de Jérusalem se trouve le Saint Temple, et au centre du Saint Temple, le Saint des Saints. »

Certes, vous n’avez pas besoin de ces indications pour aller à Jérusalem, mais celle déclaration de nos Sages atteste avec évidence la grande importance de la Terre Sainte, de la Ville Sainte, du Saint Temple et du Saint des Saints, Jérusalem a toujours été le centre de tout intérêt humain. Même de nos jours, elle est considérée comme la Ville Sainte par des centaines de millions d’hommes. Cependant, nos Prophètes nous promettent que sa gloire future surpassera tout ce qu’elle a connu dans le passé.

Une antique cité

Selon nos Sages, le nom de Jérusalem dérive de l’ancien nom de la ville : Salem (plus exactement Chalem, de l’hébreu Chalom qui signifie paix). Il est mentionné pour la première fois dans le ‘Houmach, au temps d’Abraham, quand ce dernier rencontra Malki-Tsedek (qui était Chem, le fils de Noé) ; Abraham venait de remporter une grande victoire sur ses ennemis, les quatre rois, Chédarlaomer et ses trois alliés. Plus tard, quand eut lieu la Akédah (la ligature d’Isaac) sur le mont Moriah a Jérusalem, Abraham fit précéder le nom du mot Yireh (il verra et sera vu), pour commémorer la Divine Révélation sur cette montagne, et en raison des futurs pèlerinages au Saint Temple qui y fut érigé. Ainsi, la ville fut connue sous le nom de Yérouchalaïm.

Jérusalem est l’une des plus vieilles cités du monde. Des fouilles ont révélé que des humains y ont vécu il y a cinq mille ans environ.

La ville de David

Les anciens habitants de Jérusalem, mentionnés dans la Bible, furent les Jébusites. Longtemps après que le pays de Canaan eut été conquis par Josué, les Jébusites résistèrent dans leur ville fortifiée jusqu’à ce que les hommes de Judah, prenant d’assaut la citadelle, la conquirent sous la conduite du roi David. La ville fut alors appelée « Métsoudat-Tsion », la citadelle de Sion. Le roi David lui donna un autre nom : « Ir David », la ville de David. Dans les temps anciens, Jérusalem s’étendait sur plusieurs collines séparées l’une de l’autre par des vallées. Aujourd’hui on peut à peine distinguer les hauteurs, car les vallées ont été comblées au cours des siècles. En outre, la ville est elle-même entourée de collines.

Deux vallées à l’inférieur de l’enceinte de Jérusalem coupent celle-ci en deux parties principales. Ce sont Guei-Hinnom (la vallée de Hinnom) située au sud-ouest et au sud, et Kidron à l’est. Le mont des Oliviers s’élève en face à l’est. Au nord se trouve le mont Tsofim (Scopus) du sommet duquel on peut contrôler toute la ville. La source de Gui’hone jaillit au sud-est, et une seconde source, Ein-Roghel (appelée maintenant le Puits de Jacob), se trouve a la jonction des vallées de Hinnom et de Kidron au sud-est. Là également se dressent les vestiges d’anciens aqueducs qui canalisaient l’eau venant de ce qu’on appelait « les Étangs de Salomon », non loin de Bethléhem.

Comme nous l’avons dit plus haut, le roi David s’était emparé de la forteresse Jébusite, et, sur elle et autour d’elle, avait érigé sa ville. Mais ce fut son fils, le roi Salomon, qui contribua plus qu’aucun autre à faire de Jérusalem la plus belle des cités d’alors en y élevant outre le Saint Temple, son propre palais et d’autres édifices importants. C’est aussi Salomon qui acheva, autour de la Ville Sainte, la construction des murs commencée par son père.

Première destruction

Après le partage de la Terre d’Israël pendant le règne de Ré’havam, le fils de Salomon, Jérusalem tomba entre les mains de Chichak, le pharaon d’Égypte. Mais la ville fut vite libérée et entièrement reconquise. Sous le règne du roi ‘Hizkiyah (Ézéchias), elle fut assiégée par les Assyriens conduits par Sennachérib, mais elle fut sauvée par miracle : une épidémie de peste éclata au milieu de l’armée assyrienne et la décima toute. Jusqu’au règne de ‘Hizkiyah, la ville dépendait, pour son approvisionnement en eau, de plusieurs étangs situés hors de l’enceinte. Mais ce roi vit le grand danger que constituait cet état de choses et tâcha d’y remédier. Il fit construire des canalisations et plusieurs réservoirs à l’intérieur de Jérusalem. Quelques années plus tard, sous le règne de Yéhoïakim, la ville fut saccagée par les Babyloniens, et enfin, après un long siège l’armée de Néboukhadnetsar (Nabuchodonosor), roi de Babylone, s’en empara. C’était sous le règne du roi Tsidkiyah (Sédécias). Non seulement la cité et le Temple furent détruits, mais l’ennemi étendit sa domination sur le pays entier, et les Juifs furent exilés à Babylone.

Premier retour

La destruction du Temple par les Babyloniens (en l’an 3338 après la Création) réduisit en fait Jérusalem à un amas de ruines. Finies sa splendeur, sa puissance et sa beauté ! La mort et la désolation régnaient partout. Ce fut dans cet état que les Juifs, de retour de leur exil en Babylonie, trouvèrent leur ville bien-aimée. Mais ils ne tardèrent pas, sous la conduite énergique de Zeroubabel, à s’atteler courageusement à l’œuvre de reconstruction de leur cité et du Saint Temple. Après plusieurs interruptions dues aux attaques des Samaritains, le Temple était érigé à nouveau en l’an 3408. Néhémie, qui gouvernait les Juifs à cette époque, fit reconstruire et fortifier les murs de la ville. À l’intérieur, l’aire sur laquelle se déployait la capitale était fort étendue, mais sa population demeurait réduite. Cette disproportion constituait une entrave sérieuse à son développement. Aussi Néhémie décida-t-il d’y porter remède sans délai. Il prit un décret qui contraignait un dixième de la population provinciale à se transférer dans la capitale. Le résultat immédiat en fut que Jérusalem compta d’emblée environ douze mille habitants. La vie commença à s’y développer, et à mesure que la situation redevenait normale, la population de la ville sainte s’accrut d’elle-même avec régularité.

Durant les deux cents ans qui suivirent, Jérusalem fut à nouveau une cité heureuse. Trois fois par an elle accueillait les pèlerins enthousiastes, lesquels arrivaient si nombreux qu’aux époques de ces fêtes la population se trouvait considérablement multipliée.

Les Hasmonéens

Vers l’an 3427 Jérusalem tomba soûla domination d’Alexandre le Grand Elle fut toutefois épargnée, et même obtint la liberté totale de se gouverner elle-même. A la mort du grand conquérant, les Ptolémées d’Égypte en furent les maîtres, auxquels succédèrent les Séleucides de Syrie. Quand Antiochus Épiphane (Antiochus IV) monta sur le trône de ce pays, il pilla par deux fois la ville et établit une puissante garnison dans la citadelle de David (alors appelée Akra). Le Temple fut profané et un autel à Zeus érigé sur place. Ce fut la cause de la révolte de Matitiahou l’Hasmonéen, laquelle, après une dure et longue lutte conduite par son fils Judah Macchabée, aboutit à la défaite totale des forces d’Antiochus, à la libération de la cité et à la purification du Temple (‘Hanouccah, en l’an 3622).

La citadelle d’Akra résista encore pendant un an au bout duquel elle fut prise par Siméon, le frère de Judah. Jonathan, un autre des frères Macchabées, qui succéda à Siméon, fut officiellement proclamé roi de Judée et poursuivit l’œuvre de fortification des murs de la ville commencée par ses frères.

Aux mains des Romains

La guerre civile qu’avait allumée la jalousie des deux frères Hyrcan et Aristobule fut un désastre pour la ville. Elle tomba aux mains des Romains commandés par Pompée (3697). Environ 25 ans plus tard Jérusalem fut à nouveau dévastée, cette fois par Hérode que les Romains proclamèrent roi. Dans un effort pour gagner la faveur du peuple qui le méprisait pour avoir détruit la ville et massacré les Sages, cherchant à être reconnu comme un roi juif, alors qu’il était un esclave affranchi, Édomite de naissance, Hérode entreprit un programme de construction ambitieux, destiné à embellir la ville et son Temple. Celui-ci fut reconstruit dans toute sa splendeur. Une magnifique colonnade fut érigée tout alentour. Hérode fit également édifier le palais royal au nord-ouest de la ville. Il fit élever la forteresse d’Antonia au nord-ouest de la Montagne du Temple, et ce, afin d’avoir l’œil, en cas de troubles, sur les pèlerins qui s’assemblaient dans le Lieu Saint. Le palais royal était entouré de nombreuses tours, l’une desquelles est actuellement appelée la Tour de David (« Migdal David »). Hérode, un admirateur des Romains, fit aussi construire un théâtre et un stade dans la ville sainte, ce qui eut pour effet d’irriter le peuple. De nombreux édifices, tant publics que privés, furent érigés, et les rues pavées et entretenues dans un état de grande propreté. Ce fut l’époque la plus brillante et la plus prospère pour Jérusalem ; elle n’avait pas d’égale dans le monde.

La reine Helena et le roi Monbaze d’Adiabene, grandement loués dans le Talmud pour leurs bonnes actions, rendirent de nombreuses visites à la ville dont ils contribuèrent à accroître la beauté. Ce qu’on appelle aujourd’hui « les Tombes des Rois », au nord de Jérusalem, sont réellement celles de la famille de la reine Helena.

Mais, les Romains, qui avaient étendu leur influence jusqu’à Jérusalem pendant la guerre fratricide, fourbissaient déjà leurs armes en vue d’une complète domination. Les Juifs, épris de liberté, firent une tentative désespérée pour jeter bas le joug des Proconsuls romains qui s’appesantissait graduellement sur eux, mais ils succombèrent sous le poids du nombre. En l’an 3828, ils furent écrasés par les forces puissantes de Vespasien, et à Tichea BeAv le Temple fut détruit.

La ville fut rasée au sol. De son ancienne gloire, il ne resta plus que le « Mur Occidental » du Temple (le « Kotel Hamaaravi »), auquel les non-juifs ont donné le nom de « Mur des Lamentations ».

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