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C’est une phrase qui revenait sans cesse chez De Gaulle, «les Français croient-ils encore en la France», demandait-il à Malraux.

Et si De Gaulle a décidé de quitter le pouvoir, après l’échec de son référendum, c’est, expliquait-il, parce qu’il avait la certitude que les français ne croyaient plus en la France.

La crise des gilets jaunes restera probablement comme une étape supplémentaire dans l’histoire de cette incroyance, le peuple ne croit plus en ses gouvernants, les gouvernants ne croient plus dans ce peuple, chacun a peur de tout le monde, le pouvoir est effrayé et c’est cela qui est effrayant, pourtant personne ou presque ne veut changer de système, la plupart se contentent juste de vouloir changer de voiture, autrement dit de vouloir vivre dignement.

Je me souviens de la soirée du samedi 8 décembre, l’acte 4, paroxysme de la psychose, je traversais un Paris lunaire, les pavés suintaient la lacrymogène, des CRS partout, des gilets jaunes un peu désemparés, des visages tendus, et puis soudain une musique et un camion qui traverse Paris, un camion de juifs orthodoxes, des Loubavitch, un camion muni d’un immense chandelier lumineux, pour appeler les Parisiens à célébrer la fête des lumières, hanoukka, le Noël juif. C’est cela avoir la foi, sortir dans une ville que l’on dit à feu et à sang, parce que l’on est mystique, Rabbi Jacob rencontrant Mad Max ; Rabbi Jacob se disant qu’il n’a aucune raison d’avoir peur, et s’il s’agit de célébrer hanoukka et bien on célèbre hanoukka et tant pis si les pavés volent, l’éternel nous guidera entre les pavés.

Peut-être pourrions-nous prendre des cours chez les Loubavitch, pas pour transformer la France en une vaste Yeshiva, une école talmudique, mais pour avoir à nouveau foi en notre dieu laïc, en la République, pour nous permettre de croire encore en la France. Cela nous permettrait de retrouver un peu de cette mystique républicaine, de rallumer les Lumières. La France ne sait être que mégalomane ou rien, et en ce moment, notre être collectif a bien du mal à être mégalomane. Il y a, j’en suis certain, un sursaut à attendre de cette période folle, pour que nous retrouvions la force de rallumer la lumière ou de rallumer les étoiles comme disait l’autre, faute de quoi il ne nous restera plus qu’à disposer dans les différentes gares de France un panneau où il sera écrit « le dernier qui part éteint la lumière ».

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