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Le début de la Parchat Vayakhel relate de quelle manière Moché, notre maître, rassembla les enfants d’Israël et leur transmit la Mitsva du Chabbat, ainsi qu’il est écrit : «Moché réunit toute l’assemblée des enfants d’Israël et il leur dit : Voici les Paroles que l’Eternel a ordonnées de faire. Pendant six jours, le travail sera fait, puis, le septième jour sera saint pour vous, le Chabbat du Chabbat».

 

On peut s’interroger, à ce propos, car les enfants d’Israël avaient d’ores et déjà reçu la Mitsva du Chabbat, au préalable, dans les dix Commandements. Pourquoi Moché, notre maître, devait-il répéter cette Injonction encore une fois, dans la Parchat Vayakhel ?

Pour répondre à cette question, il faut rappeler, au préalable, ce que demandent les commentateurs, à propos du verset : «pendant six jours, le travail sera fait». Pourquoi donc ce verset adopte-t-il une formulation passive, «sera fait», plutôt qu’active, «pendant six jours, tu feras le travail»(1) ?

La différence entre ces deux formulations est bien claire : «tu feras le travail» signifie que l’homme s’investit et se concentre sur ce qu’il fait, alors que : «sera fait» veut dire que le travail se fait de lui-même, comme machinalement(2).

En l’occurrence, le verset dit : «pendant six jours, le travail sera fait», ce qui souligne que, quand un Juif se consacre à son travail, pendant les six jours de la semaine, il doit considérer que celui-ci se fait de lui-même. Il ne doit pas s’investir profondément en lui, au point d’en être préoccupé(3).

Il est dit(4) : «Si tu manges par l’effort de tes mains, tu seras heureux et ce sera bien pour toi». L’effort de l’homme, pour gagner sa vie et assurer sa subsistance, doit être uniquement celui des mains. En revanche, l’effort du cerveau et du cœur doit être réservé à la Torah et aux Mitsvot. Quand un homme effectue son travail uniquement avec ses mains, la Torah lui donne l’assurance que : «tu seras heureux et ce sera bien pour toi».

Tel est donc le sens de ce verset : «Pendant six jours, le travail sera fait, puis, le septième jour sera saint pour vous, le Chabbat du Chabbat». Pour que le Chabbat soit conforme à ce qu’il doit être(5), il faut qu’il soit clairement établi, avant même le début des six jours de la semaine, que la subsistance et tous les domaines matériels doivent : «être faits»(6).

Quand un Juif adopte cette règle de conduite pendant tous les six jours de la semaine, il peut obtenir ensuite que : «le septième jour sera saint pour vous, le Chabbat du Chabbat». C’est alors qu’il recevra pleinement la clarté du Chabbat.

Ceci nous permettra de comprendre également la tournure répétitive qui est employée par le verset : «le Chabbat du Chabbat». Quand un homme met en pratique cette règle de conduite, «le travail sera fait», tout au long de la semaine, il reçoit d’emblée la clarté du Chabbat, dès le début de la semaine(7).

De cette façon, le Chabbat qui fait suite à six jours de la semaine ayant été vécus d’une manière aussi élevée, reçoit en lui une sainteté accrue, un supplément de Chabbat, au sein du Chabbat(8).

Ce qui vient d’être exposé nous permettra de répondre à la question qui a été posée, au préalable, à propos du Chabbat, dont l’Injonction est répétée dans la Parchat Vayakhel, alors que le principe en a été énoncé, au préalable, dans les dix Commandements.

L’explication est la suivante. Dans les dix Commandements, il est demandé aux enfants d’Israël de garder le Chabbat. Dans la Parchat Vayakhel, en revanche, il n’est pas fait référence à son respect proprement dit, mais à la façon de parvenir jusqu’au Chabbat(9). Pour le vivre de la manière la plus haute, il est nécessaire, tout au long de la semaine, de mettre en pratique le principe selon lequel : «le travail sera fait».

Rachi explique que ce rassemblement, «Moché réunit toute l’assemblée», fut au len-demain de Yom Kippour, lorsque Moché, notre maître, descendit du mont Sinaï(10). Il en résulte que l’Injonction relative au Chabbat, au début de cette Paracha, est en relation avec l’expiation de la faute du veau d’or.

Concernant la faute de l’idolâtrie, le Rambam explique(11) que D.ieu fit en sorte que l’in-fluence qu’Il accorde au monde passe par les étoiles et les astres, le soleil et la lune. De ce fait, les hommes ont pu commettre l’erreur de penser que ces étoiles et ces astres avaient un pouvoir de décision, une force propre(12). C’est pour cette raison qu’ils ont commencé à servir le soleil et les étoiles.

La ‘Hassidout explique(13) que, quand un homme pense qu’il gagne sa vie et satisfait ses besoins matériels grâce à son travail et par ses forces propres, il privilégie sa propre personne et se confère de l’importance. D’une manière plus fine, il adopte alors une démarche idolâtre(14), ce qu’à D.ieu ne plaise.

En d’autres termes, «tu feras le travail» est la valeur qu’un homme prête à son propre travail, dans lequel il s’investit pleinement. Il en est ainsi parce qu’il a le sentiment que ses gains sont le fruit de son travail, non pas des bénédictions de D.ieu.

C’est aussi le rapport que l’on peut établir entre ce rassemblement, «Moché réunit toute l’assemblée», dans cette Parchat Vayakhel et l’expiation de la faute du veau d’or(15). En effet, tout de suite après Yom Kippour, Moché, notre maître, dit aux enfants d’Israël : «pendant six jours, le travail sera fait».

Pour réparer la faute du veau d’or, il était nécessaire de croire, avec une foi pure, que D.ieu accorde à chacun les moyens de sa subsistance, qu’un homme doit uniquement forger le réceptacle pour recevoir la bénédiction, mais non se concentrer sur son action matérielle. Une telle attitude va à l’encontre de l’idolâtrie et elle peut donc réparer la faute du veau d’or.

Il découle de ce qui vient d’être dit un enseignement pour chacun. On doit savoir et se rappeler que tout ce qui existe dans ce monde émane de D.ieu. Même s’il est nécessaire de travailler pour obtenir Sa bénédiction, ce travail n’est que le réceptacle de cette bénédiction, en aucune façon ce qui la remplace.

Il faut donc investir en le travail uniquement «l’effort des mains», non pas celui de la tête et du cœur, qui doit être réservé pour l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot(16).

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 1, page 187)

 

Notes :
(1) Formulation qui semble plus appropriée, quand il s’agit de travail.
(2) Ainsi, le Me’hilta dit: «Lorsque les enfants d’Israël font la Volonté de D.ieu, leur travail est effectué par les autres».
(3) Il ne doit pas prendre une part trop active, mais, bien au contraire, conserver une certaine passivité.
(4) Tehilim 128, 2.
(5) Qu’il apporte toute l’élévation nécessaire.
(6) Sans investissement profond.
(7) Sans avoir besoin d’attendre le Chabbat pour l’obtenir.
(8) C’est le «Chabbat du Chabbat».
(9) Pendant les jours de la semaine.
(10) Après avoir obtenu l’expiation de la faute du veau d’or.
(11) Dans ses Lois de l’idolâtrie, chapitre 1, au paragraphe 1.
(12) Alors que, disent nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, «ils sont uniquement comme la cognée dans la main du bucheron».
(13) Dans le Likouteï Torah, Parchat A’hareï, à la page 27c et dans le discours ‘hassidique intitulé: «Les eaux nombreuses», de 5717.
(14) En niant la bénédiction divine.
(15) Pour répondre à la question posée ci-dessus.
(16) C’est leur seule raison d’être!

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