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1 Kislev :  11ème Yohrtzeit du Rav Shlomo Matusof a »h Chalia’h du Maroc depuis 1950 et premier Chalia’h du Rabbi

1 Kislev : 11ème Yohrtzeit du Rav Shlomo Matusof a »h Chalia’h du Maroc depuis 1950 et premier Chalia’h du Rabbi

Rav Chlomo Matusof z’l, fut l’un des responsables des activités éducatives du mouvement ‘Habad-Loubavitch au Maroc pendant près de cinquante ans et le premier Chali’ah du Rabbi de Loubavitch.

 

Rav Matusof, né en Russie, fut l’un des premiers émissaires du Rabbi de Loubavitch. Il fut emprisonné par les autorités soviétiques avant d’être envoyé au Maroc en 1950, où il travailla sans relâche pour le développement de la communauté juive d’Afrique du Nord. Avec le temps, le réseau de Yéchivas dans ces pays en vint à compter 70 institutions qui formèrent des milliers d’élèves, parmi lesquels l’actuel grand rabbin d’Israël, Rav Chlomo Amar.

Dans sa lettre le nommant à son poste, le Rabbi souligna le caractère public de la fonction d’émissaire Loubavitch.

Au lieu d’être des individus privés, les émissaires sont « des bougies qui éclairent tout leur entourage et… des personnes vivantes et qui apportent la vie à une autre personne, deux autres personnes, trois autres personnes, etc », écrivit le Rabbi en hébreu dans une lettre datée du 9 août 1950. « Les fruits [de ces efforts] produiront eux-mêmes des fruits et des générations de fruits pour l’éternité. »

« Les Chlou’him sont venus là-bas pour mettre sur pied un système scolaire juif, » a dit le Rav Eliyahou Matusof en décrivant le travail de son père et de ses collègues, destiné à renforcer les coutumes et traditions des Juifs Séfarades qui vivaient au Maroc. « Ils travaillaient main dans la main avec les rabbins locaux. »

Lorsqu’il reçut la lettre du rabbi, Rav Matusof était fiancé et vivait en France, après une vie d’épreuves sous le régime communiste russe. Cependant, abandonnant la sérénité de la vie européenne, le rabbin s’engagea dans sa nouvelle mission au Maroc en déployant une abnégation sans pareille.

Une vie de sacrifice

Rav Matusof était né à Vitebsk, en Biélorussie, en 1917. Enfant, il étudia dans le réseau d’écoles clandestines Loubavitch. Les lieux d’études changeaient de jour en jour, passant parfois d’une ville à l’autre, tel que le décrit le Rav Matusof dans les chapitres autobiographiques de son ouvrage « Richmei Biourim », un recueil d’explications sur des passages clés du Talmud.

Lorsqu’il était adolescent, la yéchiva quitta définitivement, et, depuis ce jour, il ne vit plus que très rarement ses parents.

Plus tard, il voyagea pendant cinq jours vers la ville de Kutaissi en Géorgie, où le gouvernement local était un peu moins sévère dans son approche de la communauté juive. Le Rav Matusof écrivit que sa vie était relativement facile pendant l’année qu’il passa en Géorgie : « Nous avions au moins de fruits et des légumes à manger et un endroit où dormir… Nous acceptions tout avec joie. »

Mais une opération de la police secrète soviétique l’envoya derrière les barreaux. Un groupe de Juifs avait fait part au jeune homme de la possibilité de fuir l’Union Soviétique à travers la frontière turque. Le Rav Matusof qui avait deux frères qui habitaient ce qu’il était alors convenu d’appeler la Palestine, fit en sorte d’obtenir un visa d’entrée et paya ce qui lui était demandé pour être exfiltré hors du pays.

Malheureusement, les prétendus passeurs s’avérèrent être des informateurs. Après son emprisonnement, le Rav Matusof, sans logis, erra pendant des mois de maison en maison, se nourrissant de miettes. C’est alors qu’il entendit parler de l’ouverture d’une école près de Moscou dans la ville de Malakhovka. Il s’y rendit et y devint professeur.

Mais, en 1935, l’administration de l’école clandestine craignit d’être surveillée par la police secrète. Le Rav Matusof et ses élèves prirent de nouveau la route, cette fois-ci vers le quartier de Marina Rochtza à Moscou. Le Rav Matusof écrit qu’il trouva dans cette ville un bon endroit pour dormir, « sur une étagère dans une petite pièce, dans l’usine de quelqu’un que je connaissais. »

Un jour, la nouvelle que des élèves avaient été arrêtés força le Rav Matusof à prendre la fuite de nouveau. Après avoir fait ses bagages et avoir franchi les grilles de l’usine, un homme lui mis la main sur l’épaule et lui ordonna de le suivre. La destination était les bureaux de la police secrète où il fut interrogé sur l’existence d’une yéchiva.

Après avoir répondu à une litanie de questions consacrées principalement à sa connexion avec la famille du sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, de mémoire bénie, et l’identité de ses camarades de classe, le Rav Matusof fut jeté en prison, puis fut plus tard transféré dans un établissement pour prisonniers politiques.

Pendant son incarcération, il pria trois fois par jour, une pratique qu’il poursuivit lorsque, quelques mois plus tard, il fut exilé au Kazakhstan. Après quelques années là-bas, il commença à restructurer sa vie, jusqu’à ce qu’il soit de nouveau emprisonné pour avoir été pris en train de lire un livre de philosophie ‘hassidique.

Il fut libéré en 1940.

En 1946, il se joignit à la grande émigration des Juifs polonais hors des frontières de l’Union Soviétique, grâce à un faux visa, parvenant jusqu’en Allemagne. Un an plus tard, il partit avec d’autres étudiants de yéchiva en France, pour y étudier.

« Ce fut la première fois que je pouvais étudier la Torah en Juif libre, sans obstacles », écrit-il.

En terre musulmane

Un nouveau chapitre de sa vie débuta en 1950, avec la mission confiée par le Rabbi.

Après s’être mariés peu auparavant, le jeune couple arriva au Maroc au printemps de 1951. Ils y trouvèrent une fière communauté juive dans un pays majoritairement musulman, qui affrontait les conséquences de l’établissement de l’État d’Israël trois ans plus tôt.

Mais les Matusof se dévouèrent à leur cause, développant au fil du temps de très bonnes relations avec la famille royale marocaine.

À ce jour, la communauté juive restant au Maroc est toujours protégée par l’État.

La famille du  Rav Chlomo Matusof

Rav Yossef Its’hak Matusof, émissaire Loubavitch à Toulouse, France ; Rav Yehuda Leib Matusof, émissaire Loubavitch à Cannes, France ; Rav Yona Matusof émissaire Loubavitch à l’Université du Wisconsin, à Madison, USA ; Rav Reuven Matusof, émissaire Loubavitch à la Lichka à Paris, France ; Rav Shmaryahou Matusof ;

Rav Chlomo Matusof, qui fut l’un des responsables des activités éducatives du mouvement ‘Habad-Loubavitch au Maroc pendant près de cinquante ans, s’est éteint samedi soir dernier (le 10 novembre 2007) à New York.

La nouvelle a profondément ému les milliers d’émissaires du Rabbi de Loubavitch qui étaient rassemblés à New York pour leur congrès international annuel.

Rav Matusof, né en Russie, fut l’un des premiers émissaires du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneersohn, de mémoire bénie. Il fut emprisonné par les autorités soviétiques avant d’être envoyé au Maroc en 1950, où il travailla sans relâche pour le développement de la communauté juive d’Afrique du Nord. Avec le temps, le réseau de Yéchivas dans ces pays en vint à compter 70 institutions qui formèrent des milliers d’élèves, parmi lesquels l’actuel grand rabbin d’Israël, Rav Chlomo Amar.

Dans sa lettre le nommant à son poste, le Rabbi souligna le caractère public de la fonction d’émissaire Loubavitch.

Au lieu d’être des individus privés, les émissaires sont « des bougies qui éclairent tout leur entourage et… des personnes vivantes et qui apportent la vie à une autre personne, deux autres personnes, trois autres personnes, etc », écrivit le Rabbi en hébreu dans une lettre datée du 9 août 1950. « Les fruits [de ces efforts] produiront eux-mêmes des fruits et des générations de fruits pour l’éternité. »

« Les Chlou’him sont venus là-bas pour mettre sur pied un système scolaire juif, » a dit le Rav Eliyahou Matusof en décrivant le travail de son père et de ses collègues, destiné à renforcer les coutumes et traditions des Juifs Séfarades qui vivaient au Maroc. « Ils travaillaient main dans la main avec les rabbins locaux. »

Lorsqu’il reçut la lettre du rabbi, Rav Matusof était fiancé et vivait en France, après une vie d’épreuves sous le régime communiste russe. Cependant, abandonnant la sérénité de la vie européenne, le rabbin s’engagea dans sa nouvelle mission au Maroc en déployant une abnégation sans pareille.

Une vie de sacrifice

Rav Matusof était né à Vitebsk, en Biélorussie, en 1917. Enfant, il étudia dans le réseau d’écoles clandestines Loubavitch. Les lieux d’études changeaient de jour en jour, passant parfois d’une ville à l’autre, tel que le décrit le Rav Matusof dans les chapitres autobiographiques de son ouvrage « Richmei Biourim », un recueil d’explications sur des passages clés du Talmud.

Lorsqu’il était adolescent, la yéchiva quitta définitivement, et, depuis ce jour, il ne vit plus que très rarement ses parents.

Plus tard, il voyagea pendant cinq jours vers la ville de Kutaissi en Géorgie, où le gouvernement local était un peu moins sévère dans son approche de la communauté juive. Le Rav Matusof écrivit que sa vie était relativement facile pendant l’année qu’il passa en Géorgie : « Nous avions au moins de fruits et des légumes à manger et un endroit où dormir… Nous acceptions tout avec joie. »

Mais une opération de la police secrète soviétique l’envoya derrière les barreaux. Un groupe de Juifs avait fait part au jeune homme de la possibilité de fuir l’Union Soviétique à travers la frontière turque. Le Rav Matusof qui avait deux frères qui habitaient ce qu’il était alors convenu d’appeler la Palestine, fit en sorte d’obtenir un visa d’entrée et paya ce qui lui était demandé pour être exfiltré hors du pays.

Malheureusement, les prétendus passeurs s’avérèrent être des informateurs. Après son emprisonnement, le Rav Matusof, sans logis, erra pendant des mois de maison en maison, se nourrissant de miettes. C’est alors qu’il entendit parler de l’ouverture d’une école près de Moscou dans la ville de Malakhovka. Il s’y rendit et y devint professeur.

Mais, en 1935, l’administration de l’école clandestine craignit d’être surveillée par la police secrète. Le Rav Matusof et ses élèves prirent de nouveau la route, cette fois-ci vers le quartier de Marina Rochtza à Moscou. Le Rav Matusof écrit qu’il trouva dans cette ville un bon endroit pour dormir, « sur une étagère dans une petite pièce, dans l’usine de quelqu’un que je connaissais. »

Un jour, la nouvelle que des élèves avaient été arrêtés força le Rav Matusof à prendre la fuite de nouveau. Après avoir fait ses bagages et avoir franchi les grilles de l’usine, un homme lui mis la main sur l’épaule et lui ordonna de le suivre. La destination était les bureaux de la police secrète où il fut interrogé sur l’existence d’une yéchiva.

Après avoir répondu à une litanie de questions consacrées principalement à sa connexion avec la famille du sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, de mémoire bénie, et l’identité de ses camarades de classe, le Rav Matusof fut jeté en prison, puis fut plus tard transféré dans un établissement pour prisonniers politiques.

Pendant son incarcération, il pria trois fois par jour, une pratique qu’il poursuivit lorsque, quelques mois plus tard, il fut exilé au Kazakhstan. Après quelques années là-bas, il commença à restructurer sa vie, jusqu’à ce qu’il soit de nouveau emprisonné pour avoir été pris en train de lire un livre de philosophie ‘hassidique.

Il fut libéré en 1940.

En 1946, il se joignit à la grande émigration des Juifs polonais hors des frontières de l’Union Soviétique, grâce à un faux visa, parvenant jusqu’en Allemagne. Un an plus tard, il partit avec d’autres étudiants de yéchiva en France, pour y étudier.

« Ce fut la première fois que je pouvais étudier la Torah en Juif libre, sans obstacles », écrit-il.

En terre musulmane

Un nouveau chapitre de sa vie débuta en 1950, avec la mission confiée par le Rabbi.

Après s’être mariés peu auparavant, le jeune couple arriva au Maroc au printemps de 1951. Ils y trouvèrent une fière communauté juive dans un pays majoritairement musulman, qui affrontait les conséquences de l’établissement de l’État d’Israël trois ans plus tôt.

Mais les Matusof se dévouèrent à leur cause, développant au fil du temps de très bonnes relations avec la famille royale marocaine.

À ce jour, la communauté juive restant au Maroc est toujours protégée par l’État.

Les enfants du Rav Chlomo Matusof
Rav Yossef Its’hak Matusof, émissaire Loubavitch à Toulouse, France ; Rav Yehuda Leib Matusof, émissaire Loubavitch à Cannes, France ; Rav Yona Matusof émissaire Loubavitch à l’Université du Wisconsin, à Madison, USA ; Rav Reuven Matusof, émissaire Loubavitch a la Lichka à Paris, France ; Rav Shmaryahou Matusof ; Rav Mena’hem Mendel Matusof, émissaire Loubavitch en Alberta, Canada ; et ses filles Baila Paltinski du New Jersey et Aidaleh Nemanov de New York.

fr.chabad.org

 

Yortsaït de Rav Gavriel et Rivka Holtzberg הי »ד, assassinés il y a 10 ans au cours de l’attaque terroriste à Mumbai

Yortsaït de Rav Gavriel et Rivka Holtzberg הי »ד, assassinés il y a 10 ans au cours de l’attaque terroriste à Mumbai

 

Le rabbin Gavriel Holtzberg et son épouse Rivka, émissaires (« chlou’him ») du Rabbi de Loubavitch et directeurs du centre ‘Habad-Loubavitch à Bombay, ont été tués au cours d’une des plus graves attaques terroristes dont l’Inde ait jamais souffert, qui a duré de mercredi 26 novembre 2008 (28 ‘Hechvan 5769) jusqu’au vendredi 28 novembre 2008 (Roch ‘Hodech Kislev).

Yortsait du Rav Chmouel et Bassie Azimov, le 12 et 17 Hechevan : « L’agriculteur et les responsables du champs »

Yortsait du Rav Chmouel et Bassie Azimov, le 12 et 17 Hechevan : « L’agriculteur et les responsables du champs »

Rien ne l’arrêtait. Ni le soleil ardent, ni la pluie, ni le vent. Il était là, chaque jour, à s’occuper de son champs. Son champs?! Pour l’instant ce n’est que de la terre! De la terre dure, boueuse, si difficile à travailler…

Et pourtant, il creusait, il labourait, il sillonnait… Tant et si bien, qu’un beau jour, le terrain fut prêt. Les sillons étaient droits, tracés dans la terre douce et fertile… À présent, il fallait semer! Planter chaque graine, la voir s’enfoncer sous la terre, priant pour qu’elle devienne une belle pousse… Et maintenant, il ne reste plus à attendre, arroser, et…récolter!

Mais où est l’agriculteur?! Il n’est plus ici?! Tout ce travail qu’il a fait, est-il en vain?!

Non, regarde… Un homme et une femme s’approchent. Il ont été envoyés par l’agriculteur… Ce sont eux qui seront désormais responsables du champs! Chaque jour, ils arrosèrent le champs, arrachèrent  les mauvaises herbes, chassèrent les oiseaux… Parlèrent aux petites pousses, les encourageant à grandir encore, et encore… Malgré les difficultés, le dur travail, et la fatigue, ils continuèrent, chaque instant de leur vie, à suivre le chemin que l’agriculteur leur avait tracé: donnant leurs vies, pour la récolte de ce champs… Pour que le travail de l’agriculteur porte ses fruits!!!

Ces petites pousses, aujourd’hui, ont grandit, et donnent naissance à d’autres… Ces petites pousses… ce sont nos parents, nos frères et soeurs, toi, et moi!!! 

Oui, vous l’avez compris… Cet agriculteur n’est autre que le Rabbi, qui a « labouré et travaillé » la ville de Paris, accompagné de sa femme la Rebbetsen… Cet homme et cette femme a qui le Rabbi a confié le champs semé, c’est le Chalia’h, le Rav Chmouel Azimov, Moulay et son épouse Bassie! C’est à Mme Bassie Azimov que la Rebbetsen a dit « vous récolterez ce que l’on a semé… »!

C’est lui qui, accompagné de sa femme, ont oeuvré sans relâche, pour faire germer ces graines, pour les faire pousser et grandir… Pour faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui!

À nous aujourd’hui, de continuer à semer, planter, arroser, et faire pousser de belles plantes, pour continuer ce merveilleux travail, et le faire fructifier!!! Jusqu’à arriver au but ultime de ce travail: La Guéoula véritable et complète!


(Tiré de “Mon Dvar Malkhout”, Dvar Malkhout en français, rubrique enfants)

4ème Yortzait du Rav Chmouel Azimov  – Etude des Michnayot à télécharger

4ème Yortzait du Rav Chmouel Azimov – Etude des Michnayot à télécharger

 

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Mon beau-frère Rav Chmouel Azimov, « Moulay », par le Rav Adin Even Israel (Steinsaltz)

Mon beau-frère Rav Chmouel Azimov, « Moulay », par le Rav Adin Even Israel (Steinsaltz)

Publié à l’occasion du 12 Hechvan 5779, 4ème Yortsait du Rav Chmouel Azimov

 

« Il se peut que le Rabbi comptait autour de lui des ‘hassidim plus érudits ou plus « saints », d’aucuns ont sans doute abouti à différents résultats appréciables ; je ne suis pas cependant sûr qu’ait pu exister un autre ‘hassid de la carrure de Moulay, un ‘hassid tout court, sans titre honorifique supplémentaire, attaché au Rabbi de tout son être et de toute son existence. »

 

Traduit et adapté de l’hébreu par Michel Allouche, Jérusalem

Qui aurait imaginé qu’il m’appartiendrait d’écrire un hommage à la mémoire de mon beau-frère plus jeune que moi de plusieurs années et que j’ai connu à l’époque où il était encore un tout jeune homme? et me voici aujourd’hui à tenter de dessiner, au travers de ces quelques lignes, près de 50 ans de sa vie, emplie de tant d’activités et de rayonnement autour de lui.

Un Chalia’h hors du commun

L’institution des Chlou’him existe chez les ‘hassidim depuis plusieurs générations. À n’en pas douter, Moulay est le Chalia’h dont l’influence s’est fait ressentir chez un nombre de Juifs bien plus important que tout autre Chalia’h ; de plus, il a su implanter un nouveau modèle de vie. Certains ont désigné, à juste titre, un tel changement sous le nom de « révolution française » : c’est que Moulay a su créer un tout nouveau cadre, de surcroît imposant, à l’origine d’un judaïsme français animé et revigoré.

Bien que l’on ne puisse utiliser la même échelle de valeurs, nous pouvons affirmer qu’un tel phénomène, en quantité et en vitalité, ne s’était pas produit en France depuis la période des Tossaphot (au Moyen-âge). Le judaïsme français qui semblait en plein affaiblissement et en passe de perdre sa propre identité, a eu la chance de connaître un nouveau réveil, au travers de nouvelles communautés. Un réveil qui permit à ce judaïsme non seulement de se maintenir mais aussi de se développer dans tous les sens du terme.

En fait, un tel renouveau résulte de l’action menée par un seul et même Chalia’h. De toute évidence, une certaine vie juive existait auparavant en France, y compris au travers du mouvement ‘Habad. Des personnes influentes et de renom avaient déjà créé des institutions telles que la yéchiva de Brunoy ou le séminaire de jeunes filles à Hyères. D’autres personnalités juives importantes lors de la dernière génération ont eux aussi apporté leur contribution dans d’autres domaines. Malgré tout, le changement que Moulay a introduit conserve toute sa spécificité. Rien de ce qui a pu être accompli partout ailleurs dans le monde juif, de son temps ou auparavant, ne souffre la moindre analogie. Tout ce qui a été réalisé en moins de 50 ans ne se résume pas à une action restreinte au petit noyau d’une communauté juive locale : il s’agit, ni plus ni moins, d’une résurrection sans pareil, concernant la communauté juive dans son ensemble.

Un souvenir datant de 50 ans remonte à mon esprit qui permettra de donner à ce formidable changement un caractère plus tangible. À cette époque en effet, les fidèles de la fameuse synagogue ‘Habad du 17 Rue des Rosiers à Paris luttaient chaque vendredi soir, la veille de Chabbat, pour compléter leur mynian. Pour y parvenir, ils devaient « soudoyer » un clochard juif traînant dans le quartier en lui promettant une bouteille de vin afin qu’il accepte d’être le dixième…Aujourd’hui, la Jeunesse Loubavitch de Paris et de toute la France compte un nombre impressionnant d’émissaires et de délégués, ce qui démontre à quel point les choses ont évolué. Un monde nouveau, une vie juive nouvelle se sont ainsi forgés, là où ne subsistaient que des communautés amincies et en voie d’extinction. On y trouve des hommes et des femmes, avec leurs enfants et leurs petits-enfants, qui continuent d’apporter un sang nouveau et leur propre vitalité.

Sans nul doute, Moulay constitua en quelque sorte la vertèbre cervicale de tout ce processus. Mais c’est là aussi que réside une énigme, celle d’un jeune homme ayant métamorphosé un monde entier tout autour de lui. Tout ce qui s’est produit depuis lors et jusqu’à aujourd’hui nous conduisent à la même question : comment un homme si jeune, âgé d’un peu plus de vingt ans, a-t-il pu générer un tel élan, sans cesse grandissant ? Certes, l’on pourrait se lancer dans des tas d’explications et d’interprétations, mais,in fine, on en revient toujours à un seul jeune homme, au simple nom de Moulay, loin des titres gonflants dont la langue hébraïque fleurit comme « Harav Hagaon » ou le « Hamékoubal haéloki », [littéralement, « l’éminent Rabbin » ou « le Kabbaliste inspiré de l’esprit divin »]. Moulay a réussi à accomplir ce que d’autres n’ont jamais pu réaliser.

Le ‘hassid

Si l’on cherche à saisir Moulay, en fait « le phénomène Moulay » – bien qu’il soit difficile à appréhender simplement -, le mieux est peut-être de rappeler ce qu’il était avant tout, dans toute son essence : un ‘hassid. En d’autres termes, ses actes, ses paroles, sa réussite et l’influence qu’il exerça exprimaient, fondamentalement, le ‘hassid qui se confondait avec sa personne.

Plusieurs épithètes sont parfois apposés au terme ‘hassid : il y a les ‘hassidim distingués, les ‘hassidim enthousiastes, voire ceux simples d’esprit. Moulay lui n’avait besoin d’aucun qualificatif : il était un ‘hassid, point. Ni son action ni ses paroles ne le définissaient en tant que tel, mais bien la quintessence de son être. ‘Hassid, il l’était chez lui à la maison comme avec les autres à l’extérieur, qu’il soit le mari et père de famille ou le dirigeant, l’enseignant ou le machpia, le mentor. Sa personnalité était le pur reflet de ce que le Rabbi attendait de ses ‘hassidim : témoigner de sa qualité de ‘hassid non pas seulement vis-à-vis de certains domaines suprêmes, mais bien dans l’ensemble de son être.

Moulay était lui-même issu d’une famille de ‘hassidim. Tant du côté de son père que de sa mère, tous vécurent une vie centrée autour du fait qu’ils étaient des ‘hassidim. Tel par exemple son grand-père maternel qui fut l’émissaire du Rabbi d’alors ou son grand-père paternel qui fut l’un des éminents témimim[1]. Le dénominateur commun à leur personnalité se retrouva dans Moulay : un homme totalement ‘hassid, dans chacun de ses membres sans exception ; son parler était « ‘hassidout » tout comme l’inspiration dont il gratifiait son entourage. Dans une grande mesure, l’influence qu’il exerça sur des gens d’âges et d’horizons différents ne découlait pas vraiment de quelque parole ou de quelque enseignement entendus de sa bouche, mais plutôt du fait-même de leur rencontre avec le ‘hassid qu’il était.

Il est possible de présenter l’essence de la ‘hassidout de diverses manières, notamment par le biais d’écrits hautement abstraits ou rhétoriques. Chez Moulay, il en allait tout autrement, sans besoin d’explications, mais de la manière la plus simple, pourtant difficile à décrire. À titre d’illustration, prenons l’exemple d’un livre entièrement consacré à la rose, la présentant sous tous ses aspects et dans tous ses recoins. Lire un tel livre permet sans doute d’acquérir une bonne connaissance « à propos » de la rose. Mais il existe un autre niveau de connaissance, celui où l’on se trouve face à la rose elle-même et où tout livre devient alors superflu…

Certaines personnes éprouvent le besoin de réfléchir longuement avant d’accomplir un acte ou avant de s’exprimer, notamment en fonction de la situation. Un ‘hassid agit en tant que tel, tout simplement. D’aucuns se sont trouvés confrontés à des problèmes pratiques ou intellectuels, notamment suite à des instructions du Rabbi, qu’ils les aient comprises ou non. Moulay lui, ne connaissait point ce genre de problèmes ; en parfait ‘hassid, il s’identifiait totalement avec les paroles du Rabbi et affichait une discipline sans faille. Dès lors, il ne se posait pas de questions quant à la manière d’agir ni n’en cherchait les raisons. Car le propre d’un ‘hassid est de faire ce que le Rabbi lui demande, que la chose soit aisée ou non, qu’il la comprenne ou non, sans la moindre différence entre les deux cas. Le Rabbi comptait de nombreux ‘hassidim, parmi eux certains qui s’en approchaient de plus près. Cependant, même ces derniers connurent parfois des moments où ils se posèrent des questions ou se trouvèrent plongés dans des hésitations ; dans un certain nombre de cas, ils n’accomplirent pas la tâche qui leur avait été impartie. Il me semble que, chez Moulay, une telle situation ne s’est jamais produite. Moulay exécuta ce que le Rabbi lui demandait, sans détour ni sans déformation, et bien entendu sans modifier quoi que ce soit.

Il se peut que le Rabbi comptait autour de lui des ‘hassidim plus érudits ou plus « saints », d’aucuns ont sans doute abouti à différents résultats appréciables ; je ne suis pas cependant sûr qu’ait pu exister un autre ‘hassid de la carrure de Moulay, un‘hassid tout court, sans titre honorifique supplémentaire, attaché au Rabbi de tout son être et de toute son existence.

Avec tous

L’une des particularités de l’action de Moulay réside dans le fait qu’en toutes circonstances, il demeura lié avec tous. Je me souviens l’avoir interrogé sur la manière dont il avait pu ériger son premier centre, sans aucune ressource à l’avance et sans aucun statut particulier. Il me confia qu’il s’était alors adressé à tout son entourage (qui comprenait en partie des célibataires et des étudiants). Pour leur expliquer qu’en raison de la croissance des activités, ils devaient à présent trouver un centre ; et par conséquent, il leur demandait de le bâtir. Une telle demande, leur précisa-t-il, ne relevait pas de son propre intérêt mais avant tout du leur : tous devaient s’y associer. Ceux qui disposaient de moyens devraient donner de leur propre argent et ceux qui n’en avaient point n’auraient qu’à procéder à un emprunt. Car tous devaient agir comme une seule entité. Cette attitude était valable dans les tout débuts mais elle demeura largement la même par la suite. Les gens qui suivaient Moulay se sentaient tous concernés ; c’est ainsi qu’ilssont mené à bout différents projets, parfois énormes et faisant appel à de très grandes sommes d’argent. Mais, in fine, ils firent tous preuve d’une grande unité.

En vérité, l’on se trouve ici face à un paradoxe. De toute évidence, le statut de Moulay comme Chalia’h en France ne ressemblait à celui d’aucun autre, nulle part ailleurs. Malgré tout, il demeura « Moulay », au-dessus de tous, tout comme au sein de tous. Le premier « groupe » (tel qu’on l’appela encore longtemps après) constituait l’essence de tout ce qui poursuivit ensuite. Les jeunes comme les plus âgés continuèrent de se considérer comme le « groupe ». Moulay en était l’âme vivante, animant chacun de ses membres.

Un souci à l’égard de tout le monde

Moulay, tant au début que lors des années qui suivirent, ne s’est jamais confiné dans un rôle de guide spirituel, dans le sens où seule la spiritualité l’intéressait. Une grande communauté s’est rassemblée autour de lui, tout naturellement composée de personnes différentes, et bien entendu chacune avec son propre problème. Loin de se délimiter au travers d’un seul rôle, Moulay agissait à la fois comme conseiller conjugal, assistant social ou entremetteur matrimonial ; plus d’une fois, il réussit à trouver un travail rémunérateur à l’un des membres de son « groupe ». Le lien que Moulay entretenait avec chacun était ainsi quasi-familial. Il n’est donc pas surprenant que tous les gens qui lui étaient attachés, malgré leurs origines différentes, avaient le sentiment de faire partie d’une seule famille, même si quelques frictions et problèmes sont parfois naturellement apparus.

Moulay connaissait bien tous ses gens, y compris leurs défauts, mais comme dans toute famille, les liens de proximité permettent de les recouvrir et d’en faire abstraction. Cela ne signifiait pas qu’il dût ignorer les faiblesses des uns, les problèmes des autres, les disputes familiales ou les problèmes personnels. Et tout en même temps, il lui fallait se soucier de tous et continuer de voir en eux une seule famille. De ce point de vue, le « groupe » n’avait point une structure organisationnelle claire et précise. Il agissait plutôt comme une entité vivante chez tout le monde. D’une façon ou d’une autre, Moulay, montrait, jour et nuit, une grande sensibilité envers chacun.

Un éducateur, loin de la politique communautaire

Je ne sais si le Rabbi instruisit Moulay, de manière explicite, de ne pas entrer dans la politique des institutions ; néanmoins ce fut bien son attitude au fils des ans. Le statut du mouvement ‘Habad à Paris, tant de par son nombre que par les personnalités qui le composent, n’a certainement point de pareil au sein du monde juif. S’il l’avait souhaité, Moulay, le Rav Shmouel Azimov, aurait pu occuper nombre de fonctions ou de postes au sein de la communauté juive de France. Chacun connaissait la force et le pouvoir imposant dont il disposait entre ses mains. Cette force et ce pouvoir ne trouvèrent cependant jamais leur expression au travers d’une quelconque nomination rabbinique ou communautaire, voire d’un poste représentatif au sein des différentes organisations de la communauté.

À cet égard, Moulay ressemblait à ce genre de figure centrale ne disposant d’aucun titre, même si tout le monde sait qu’il détient le pouvoir. De plus, Moulay n’a jamais essayé d’entrer en compétition, d’une façon ou d’une autre, avec les autres institutions juives autour de lui. Les écoles liées à ‘Habad, la yéchiva et même le séminaire de jeunes filles sont gérés en coopération avec la communauté. Moulay lui-même a poursuivi sans interruption son action avec les étudiants dans les universités et a également construit un très grand lycée pour les filles ; dans une large mesure, il s’est aussi occupé de maintenir l’institution de Talmudé-Torah du dimanche matin. Aussi bizarre que cela puisse paraître, en dépit de cette multitude d’activités éducatrices, Moulay avait tenu à conserver un poste de mélamed, d’enseignant au Talmud-Torah (qui fut son travail pendant de nombreuses années) dans une classe de tout jeunes enfants. Un peu comme si le roi d’un certain pays occupait les quelques heures de son temps libre à travailler comme préposé à la poste… L’institution ‘Haya Mouchka qu’il a lui-même érigée à Paris va de la crèche jusqu’au baccalauréat. Outre sa taille impressionnante, le lycée de jeunes filles inclut toutes les matières d’enseignement sacré, comme l’exige toute véritable institution ‘Habad – la Bible, la Michna et beaucoup de ‘hassidout – mais on y enseigne aussi toutes les autres matières séculières habituelles. Malgré ce cumul impressionnant, ce lycée est aujourd’hui considéré par le ministère de l’éducation en France comme l’un des meilleurs de toute la France sur le plan scolaire !

Une lourde charge

Les gens ne savaient pas qu’à l’époque, Moulay éprouvait des difficultés à marcher. Lors des premières années, ses allers et retours dans tant d’endroits différents s’accompagnaient de douleurs physiques. Fait un peu plus connu, sa femme (apparemment depuis le début de leur mariage) était très malade et souffrait elle aussi. Elle agit, dans toute la mesure du possible, avec un courage extraordinaire, mais cette situation particulière ajoutait sans conteste une charge sur les épaules de Moulay, en raison notamment du temps qu’il devait lui consacrer et de la patience dont il faisait preuve. La première attaque cérébrale qui l’accabla compte parmi les cas les plus graves. Je me suis laissé dire que dans le monde entier il était la troisième personne à avoir survécu à un tel degré d’attaque cérébrale. Je reste persuadé que les milliers de gens ayant prié pour sa guérison ont, par là-même, réussi à modifier le mauvais décret. Les efforts extraordinaires déployés par Moulay et l’énorme travail qu’il dut accomplir sur son propre corps afin de retrouver la parole et de recouvrer ses capacités antérieures constituent en soi une histoire extraordinaire : celle d’une personnalité hors du commun surmontant tous les obstacles physiques qui se dressaient sur son chemin pour finalement les maîtriser. En dépit de cette lutte permanente, les activités de la Jeunesse Loubavitch ne s’interrompirent à aucun moment, y compris celles de Moulay. Il y avait toujours quelque chose à faire, à poursuivre et l’ »entreprise » continuait de grandir.

Et maintenant ?

De toute évidence, Moulay était l’esprit qui insufflait la vie au mouvement ‘Habad en France. De manière directe ou non, son action se faisait partout ressentir. Personne n’a pris en ligne de compte que sa vie serait interrompue à un âge relativement aussi précoce. Qu’il nous soit permis d’espérer : puisse ce même esprit qui sut agir envers et contre toutes les barrières et limitations imaginables, continuer d’animer et de stimuler dans l’action tous ceux, nombreux, que Moulay laisse derrière lui.

 

12 Hechvan : Yortsait du Rav Yochoua Haddad a »h (Milan)

12 Hechvan : Yortsait du Rav Yochoua Haddad a »h (Milan)

Le Rav Yochoua Haddad est né au Maroc. À l’âge de 10 ans, il fut envoyé à Meknès pour étudier à l’école Habad créée par le Rav Michael Lipskar a »h. 

Deux ans plus tard, en 1952, il rejoignit un groupe de 8 étudiants qui se rendirent  en France à Brunoy pour étudier à la légendaire Yeshiva Tom’hei Tmimim Loubavitch, sous la direction du  Rav Nissan Nemanov a »h.

Lorsque le kabbaliste Rabbi Israel Abouhatzeira , connu sous le nom de Baba Sali, passa le mois d’Eloul et une partie de Tichri à Brunoy, le Rav Haddad fut choisi pour être sa Havrouta. Les deux sont restés en étroite amitié pendant des années. 

En 1952, le Rav Haddad a écrit au Rabbi qu’il aimerait venir à New York et étudier à la Yeshiva centrale. Le Rabbi a accepté.

Après ses études là-bas, le Rav Hadad s’est vu proposer de diriger la communauté juive séfarade de Milan, en Italie. Le Rabbi a estimé que le Rav Hadad était digne de cette tâche. 

Pendant les 50 années suivantes, le Rav Hadad servit comme Chalia’h et le rabbin de la synagogue de la Via Guastalla à la Grande Synagogue de Milan, fournissant une certification de cacheroute et ouvrant un réseau de Talmud Torah opérant sur 5 sites avec plus de 200 enfants. 

Ces dernières années, il a vécu en Israël où il est resté en contact avec l’actuel rabbin en chef de Tel Aviv, Shlomo Amar , également diplômé des écoles Habad au Maroc. 

Le Rav Yochoua Hadda quitta ce monde à 81 ans le 12 Hechevan 5778:

 

LEVAYA DU RAV YOCHOUA HADDAD A JERUSALEM

 

FARBRENGUEN AVEC LE RAV YOCHOUA HADDAD A LA YECHIVA DE MONTROUGE

 

 

5 Av : 23ème Yortsaït du Rav Binyamin Gorodetsky

5 Av : 23ème Yortsaït du Rav Binyamin Gorodetsky

 

A l’occasion du 23ème Yortsaït de Rav Binyamin Gorodetsky, fondé de pouvoir (Ba-Koa’h) du Rabbi en Europe, Israël et Afrique du nord, le Bureau Loubavitch Européen présente un article inédit rappelant son action désintéressée au service du judaïsme d’après-guerre et saluant son dévouement et son efficacité au service de l’éducation juive. 

Cet article (en anglais) avait été distribué par le secrétariat du Rabbi.

Établir un pont entre l’Est et l’Ouest – Une mission internationale : «’Habad-Loubavitch » – Combler le fossé
De retour d’un voyage de deux mois en Europe, le célèbre éditeur et éditorialiste livre son reportage sur une expérience intéressante dans les milieux juifs traditionalistes à l’étranger.

Par Charles Raddock

C’est une initiative pratiquement unique dans l’histoire juive : un groupe étrange d’âmes humbles et dévouées – celles que j’ai découvertes à l’étranger – un groupe calme et discret de missionnaires juifs, sont engagés sans fanfare dans un projet social unique, global avec Paris comme centre d’activités. Ce projet s’étend en longueur et en largeur en France, Espagne, Afrique du nord et Australie.

C’est absolument sans précédent – à l’exception peut-être de ces premières missions qui étaient engagées – en-dehors des heures de travail si on peut s’exprimer ainsi – par les disciples de Rabbi Israël Baal Chem Tov il y a près de trois siècles et, en particulier, par le courageux Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, fondateur du mouvement ‘Habad-Loubavitch.

A cette époque, nous raconte l’Histoire Juive, l’infatigable apôtre de Liadi interrompit ses activités érudites, quitta soudain sa tour d’ivoire pour sillonner les steppes de Russie et contacter des centaines de réfugiés venus de la terrible Pologne. Il leur donna vêtements et logement, éduqua leurs enfants et alluma la flamme brillante du ‘Hassidisme dans leurs cœurs troublés. Cette scène, comme j’en ai été témoin à l’étranger, se joue à nouveau à Paris, Madrid, Barcelone, Casablanca et Melbourne ; cette fois-ci par les partisans du successeur du Rabbi de Liadi – sept générations plus tard. Leurs succès sont si extraordinaires qu’à mon retour en Amérique, j’ai été choqué de n’en trouver aucune mention dans la presse juive !

Presqu’inconnus du public juif américain, ces missionnaires volontaires accomplissent leur travail social sacré depuis 1946 – comme je devais le découvrir plus tard. Quand j’ai visité leur petit « bureau » qui ne paie pas de mine à Paris puis que j’ai grimpé les escaliers mal éclairés dans le quartier juif là-bas, quand je les ai entendus évoquer calmement leurs futures conquêtes géographiques, mon imagination a été éveillée. Ils accomplissent tellement avec si peu de moyens ! Je me suis demandé : imaginez ce que ces « travailleurs sociaux » si dévoués pouvaient accomplir s’ils disposaient de toutes les facilités dont regorgent les agences américaines.

Des entreprises humanitaires de cette nature ne sont pas nouvelles dans la vie juive, surtout depuis le début de la catastrophe européenne qui a submergé notre peuple. Sauf que ce qui rend leur dévouement si unique, c’est le but éducatif qui guide leur mission sociale.

Comme vous le savez, les Juifs n’ont jamais cherché à faire du prosélytisme parmi les non-Juifs. De fait, nous avons toujours découragé les candidats non-juifs à entrer dans l’Alliance d’Abraham. Contrairement aux Chrétiens ou aux Mahométans du Moyen-Age par exemple, nous n’avons jamais imposé nos opinions religieuses sur les masses et n’avons certainement jamais tenté, même à des époques où nous jouissions de l’autorité ou de la liberté de mouvement, d’agir ainsi, de convaincre des non-croyants à adopter le judaïsme volontairement ou à l’aide de missionnaires. Mais, bien sûr, cette interdiction ne s’est jamais appliquée aux tactiques missionnaires envers notre propre peuple quand celui-ci se dissipait au fil des siècles cruels. De fait, nous avons toujours considéré comme notre responsabilité individuelle et collective le fait de ramener au bercail les brebis égarées. Aucune loi dans notre religion n’interdit les activités missionnaires parmi les nôtres.

Cependant, nul ne peut nier que, s’il a jamais existé une période dans notre histoire qui ait eu besoin de zèle missionnaire à l’échelle mondiale, c’est bien la nôtre. Notre peuple s’est éloigné du droit chemin comme jamais auparavant car le judaïsme est devenu le pantin inarticulé, victime de la mauvaise interprétation, de la distorsion et du commercialisme. De plus, le judaïsme de bon sens est pratiquement absent sinon éteint parmi les Juifs de bonne foi, mal guidés et innocents. L’enseignement que nous avons tenté de transmettre de temps en temps a, apparemment, été infructueux. Il semble que nous avons élevé une génération d’intellectuels (aux États-Unis) qui considèrent un roman de Cholom Alé’hem, Péretz ou Mendele Mo’her Sforim comme les œuvres par excellence du judaïsme ; ou « les Histoires de la Bible » rédigées par un non-Juif comme la quintessence de la « culture juive ». Ou encore les considérations pseudo-christiques de Martin Buber comme « la philosophie juive ». Telles étaient mes réflexions quand j’ai observé ces volontaires alertes, non-payés, bénévoles, en action depuis l’Europe jusqu’au Maroc.

Leur esprit spontané de dévouement est contagieux. Leurs succès sont indéniables à l’échelle globale et leurs initiatives vont d’un programme européen à un projet en Afrique du nord ; d’une académie talmudique à Brunoy (France) à une école agricole en Catalogne ; d’un centre à vocation éducative d’enfants de tisseurs de tapis juifs à Marrakech à une école juive élémentaire pour filles sur la Rive Gauche de Paris. Encore plus remarquables sont les réalisations des partisans du mouvement ‘Habad-Loubavitch parmi les jeunes universitaires de la Sorbonne, de l’Université de Madrid, de l’Université de Barcelone, de l’Université de Kairouan de Fez et d’autres endroits.

Sous la direction de Rav Binyamine E. Gorodetsky – directeur ‘Habad de ce programme européen et africain – le judaïsme a gagné un nouveau pari sur l’avenir dans ces endroits du monde jusqu’ici négligés. S’il existe une trace de judaïsme créatif actuellement en France par exemple, ce peut être attribué à l’activité – loin des projecteurs – du Rabbin à la barbe rousse, Rav Gorodetsky qui est guidé par Rabbi Mena’hem M. Schneersohn, le « Rabbi de Loubavitch ». Comme me l’a précisé Dr Nissan Mindel (éditeur des publications en anglais du mouvement Loubavitch), ce programme à l’échelle internationale a été initié à la fin de la Seconde Guerre Mondiale par le regretté Rabbi Yossef-Yits’hak, prédécesseur de l’actuel chef spirituel du mouvement ‘Habad international qui, déjà de son vivant, était devenu une légende.

Quand j’ai posé des questions à propos de « l’argent », Rav Gorodetsky et Dr Mindel m’ont appris que le travail spirituel et humanitaire des travailleurs sociaux de ‘Habad aurait été pratiquement impossible sans l’aide accordée à Loubavitch par l’American Joint Distribution Comittee. Ceci m’a été confirmé par des amis travaillant au Siège Européen de l’AJDC à Paris. L’aide de ce Comité consiste à fournir depuis des abris pour les indigents jusqu’à des aides financières qui, même si elles ne couvrent pas – apparemment – l’ensemble du budget de ‘Habad, permet néanmoins aux volontaires missionnaires de continuer leur travail social. Voici donc pour le côté pratique. Qu’en est-il de la méthode et de la philosophie sous-jacente ?

Naturellement, j’étais curieux de savoir comment Rav Gorodetsky (et ses partisans) s’y prennent pour établir une « tête de pont » dans des domaines jusqu’ici impénétrables – particulièrement parmi les Juifs sefarad qui ont toujours considéré les Israélites achkenaz avec des préjugés. « Très simple ! » a-t-il répondu avec l’humilité caractéristique des Loubavitch : il s’intéresse à une ville – sans publicité antérieure, bien sûr – loue une chambre dans un hôtel de seconde ou troisième classe (son budget ne lui permet pas un hôtel de première classe !) et ses bagages suivent. Quand on parle de bagages, cela consiste en un chargement généreux de médicaments, de livres de prières, de Tefilines, d’Arba Kannfot (Talétim) et autres objets de culte ou de soins. Il les distribue gratuitement aux nécessiteux.

A partir de là commence une série de visites exploratoires dans des maisons juives, bien sûr avec la coopération du rabbin local ou du représentant officiel de l’Alliance Israélite, l’équivalent français du Joint. Bien que sceptique au début, l’Alliance a vite fait de réaliser que ce « missionnaire » ne représente aucun « groupe politique » et, progressivement, adhère à l’initiative de ce courageux et entreprenant ‘Hassid. C’est ainsi qu’un «’héder (école juive) est progressivement établi, puis une cuisine cachère gratuite et une clinique en kit. Puis les parents – souvent d’humbles artisans juifs – apprennent à accorder leur confiance à cet étrange visiteur du monde ‘Habad Loubavitch – qui ne leur demande rien si ce n’est de prendre de lui le peu qu’il a à offrir de biens « matériels ». C’est ainsi qu’il agit pratiquement partout, depuis la Baie de Biscaye jusqu’à l’Afrique du nord. Et c’est ainsi qu’il a agi en Espagne il y a deux ans, quand le Généralissime Franco a décidé pour la première fois de permettre l’exercice public du culte juif (Bien que d’autres, au fait, ont depuis prétendu que c’était grâce à leurs efforts que la situation avait évolué par exemple en Espagne, j’ai de bonnes raisons de savoir que c’était ‘Habad -Loubavitch – grâce aux efforts de Rav Gorodetsky – qui a « réouvert » l’Espagne au judaïsme traditionnel après tous ces siècles. J’en veux pour preuve ce que j’ai moi-même constaté il y a deux ans quand j’ai fait escale à Barcelone sur ma route vers Israël).

Si de tels safaris spirituels vous semblent romantiques, essayez de vous imaginer à 4000 kilomètres de la maison – à Madrid ou à Alger – marchant dans les « rues » assommées de soleil de l’après-midi sub-tropical, tandis que des tisseurs de laine musulmans vous observent d’un côté de la rue, se demandant si vous êtes un « Sioniste » et que des tanneurs juifs sefarad vous considèrent d’un air soupçonneux de l’autre côté. Remarquez que Rav Gorodetsky revient de loin, ayant déjà purgé des sentences plus graves, année après année, depuis 1946, quand le précédent Rabbi de Loubavitch, de mémoire bénie, l’a désigné comme « pionnier » pour cette importante mission de renaissance spirituelle dans ces endroits reculés, si loin de toute civilisation juive. (Je pourrais ajouter que Rav Gorodetsky, comme le « Juif errant » proverbial, ne voit sa famille qu’une fois par an – sa femme et ses enfants vivant à New-York, dans des conditions modestes.)

Je pourrais continuer à raconter quelques épisodes dramatiques qu’il m’a décrits. Peut-être plus tard. Sans se mettre en avant cependant, ce pionnier voyageur attribue le mérite à son chef, l’actuel Rabbi de Loubavitch qui valide effectivement toute activité future et délimite les itinéraires et les stratégies à mettre en œuvre pour tous les projets dans les territoires européens et sefarad.

Le Rabbi de Loubavitch mériterait bien sûr un article à part. Mais, pour le moment, je ne fais que citer ce qu’il m’a confié par rapport à la philosophie derrière les programmes sociaux de ‘Habad. C’est un homme remarquable, extraordinairement organisé dans tous les sens modernes du mot. Diplômé de la Sorbonne, connaissant plusieurs langues, profondément impliqué dans les connaissances des sciences physiques et de la philosophie profane, voici ce qu’il a dit – et en anglais ! – et je le cite mot-à-mot :
« L’essentiel de l’attitude et de la façon d’agir de Loubavitch, m’a-t-il déclaré, n’est pas de se contenter d’une tactique de défense. Ceci implique qu’il ne faut pas attendre qu’une position juive soit attaquée pour voler à sa défense. Telle a été l’attitude erronée du judaïsme orthodoxe américain ainsi que des Juifs de certains pays européens, dit-il. Mais l’attitude correcte est d’employer des méthodes offensives et préventives en disséminant le plus largement possible les idéaux de l’orthodoxie classique, souligna-t-il. Et la conséquence logique de cette attitude est que nous ne pouvons pas nous contenter de nous occuper des nôtres et de notre cercle immédiat. La publicité pour un judaïsme véritablement orthodoxe doit cibler toutes les strates du peuple juif.

« De plus, continua le Rabbi, c’est un fait bien connu empiriquement qu’en ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, tous les Juifs – aussi éloignés soient-ils – répondent en général de façon positive. Il peut arriver qu’un Juif soit plus attiré par telle Mitsva ou telle idée et un autre par telle autre. Tout est dans la façon de présenter ou d’expliquer. Mais quand l’approche est juste, aucun Juif ne reste sans réaction ! Car aucun Juif n’est complètement vidé de toute trace de judaïsme ».
Après avoir développé sa théorie en la basant sur les lignes idéologiques de la philosophie ‘Habad, le Rabbi continua sur un ton un peu plus léger :
« Même quand un Juif ne réagit pas vraiment à ce « traitement » et que le succès n’est que partiel, chaque effort est amplement justifié. Cette doctrine a été formulée par le Baal Chem Tov (et souvent répétée par mon beau-père de mémoire bénie) : « Une Nechama (âme) descend ici-bas sur terre pendant 70 ou 80 ans – parfois uniquement dans le but de rendre un seul service à un Juif – dans le domaine matériel ou spirituel… »

Pour résumer, bien que ‘Habad soit essentiellement un mouvement ‘hassidique, son programme social insiste sur le judaïsme dans son ensemble. Loubavitch ne sort pas uniquement pour faire du « prosélytisme » en faveur de Loubavitch. Son intention est de présenter le judaïsme de base à chacun, particulièrement ceux qui n’ont pas été initiés au judaïsme, qui ont été privés des formes les plus élémentaires de la connaissance. Nul ne peut contester le bien-fondé d’une telle approche et on n’a pas besoin d’être un ‘Hassid pour l’approuver sans réserve. C’est pourquoi Loubavitch a capturé les cœurs des illettrés aussi bien que des intellectuels – depuis Paris jusqu’au Maroc. Elle n’a pas confiné sa mission historique à une élite ‘hassidique si on peut s’exprimer ainsi. Alors que d’autres dynasties ‘hassidiques hibernent dans un environnement hermétiquement fermé, à l’abri de tout si c’est possible – le Rabbi de Satmar par exemple ! – ‘Habad n’a jamais rejeté de nouveaux arrivés qui avaient été affectés par les idées et les mœurs modernes. Aucun Juif n’est étranger à ‘Habad, aussi loin qu’il ait pu évoluer. Même les Juifs sefarad de Meknès, de Barcelone et de Zaviat-Sidi-Rahal – bien qu’ils considèrent les Juifs achkenaz avec suspicion – se trouvent en rapport avec Loubavitch. Ceci explique d’ailleurs le succès de ses « missionnaires », où qu’ils s’aventurent dans des territoires vierges, envoyés qu’ils sont par le Rabbi de Loubavitch.

Il n’y a aucun doute à ce propos : ‘Habad est en train de bâtir une nouvelle génération de Juifs, hommes et femmes, dynamiques, bardés de connaissances, inspirés par la Torah. Ils combleront le fossé entre l’Est et l’Ouest et, peut-être comme jamais auparavant – uniront sur un plan spirituel les restes éparpillés d’Israël.
Donc, quand vous vous trouverez à l’étranger, quelque part entre la rivière Yerres, dans la banlieue parisienne, ou aux abords du Sahara ou encore dans la mélancolique Catalogne et que vous remarquerez un Juif barbu se dépêchant vers quelque mission mystérieuse – vous pourrez être sûr qu’il s’agit d’un émissaire du Rabbi de Loubavitch, apportant du réconfort aux enfants éloignés d’Israël.

The Jewish Forum – Décembre 1953

 
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Une vidéo très rare qui montre comment se déroulait une Ye’hidout avec Rav Benyamin E. Gorodetsky.



Alors que les entrevues se passaient d’ordinaire dans le bureau du Rabbi, la caméra captura cet instant particulier dans la grande synagogue du 770.

Après avoir reçu de nombreux visiteurs en Ye’hidout Klalit (entrevue générale), le Rabbi s’entretint avec le Rav Gorodetsky durant 45 minutes !

La conversation portait sur les très nombreuses tâches dont s’acquittait Rav Gorodetsky au nom du Rabbi. On remarquera les gestes des mains, particuliers, rares qu’on n’avait pas l’habitude de voir de la part du Rabbi quand il s’exprimait en public.

 

Mercredi 14 Tamouz : Yortzeit de Reb Reouven a »h Israelievitch à Jérusalem

Mercredi 14 Tamouz : Yortzeit de Reb Reouven a »h Israelievitch à Jérusalem

Ce 14 tammouz (27 juin), nous marquerons le Yortseit de notre mari et père Reouven ben Isser zl’ Israelievitch.
Mercredi matin, nous irons sdv à Har Hamenouhot, rdv à 11h au parking central.
Nous nous retrouverons pour Minha suivie d’une Séouda mercredi à 18h précises au 4 Rehov Chimon à Baka, Jerusalem.

Un Sofer sera present pour débuter l’écriture d’un Sefer Torah pour son mérite.

Nous comptons sur vous tous… (besoin de Minyanim, merci les hommes!)

Kol touv
La famille Israelievitch

5 Tamouz : Yortzeit du Rav Menahem Mendel Futerfas (1906-1995)

5 Tamouz : Yortzeit du Rav Menahem Mendel Futerfas (1906-1995)

Le rabbin Menachem Mendel Futerfas (1906-1995) connu sous le nom de Reb Mendel , était un célèbre Mashpia et grand Hassid. Il était un des meilleurs élèves du célèbre Mashpia, Reb Zalman Moishe HaYitzchaki .

Activités

Le Rav Menahem Mendel Futerfas ouvrait des écoles juives clandestines en URSS. Ce fut la raison pour laquelle il a été incarcéré pendant 14 ans dans les goulags de Sibérie. 

Après avoir quitté la Russie, le Rabbi de Loubavitch , lui a demandé d’être Machpia dans la Yechiva Tom’hei Temimim de Kfar Chabad, en Israël  Il y est arrivé à l’été 1973 où ses Farbrengen étaient célèbres.

Il quitta ce monde le 2 juillet 1995 et fut enterré à Londres.

Enseignements

Il était connu pour raconter des histoires, en particulier de son incarcération, et tirer des leçons de tout ce qu’il a entendu et vu là-bas. 

Il raconta une fois que jouer aux cartes était contraire aux règles de la prison, mais ses compagnons de prison jouaient toujours dans leur cellule. Le gardien de la prison pouvait les voir jouer.

Cependant, chaque fois que le gardien rentrait dans la cellule, les cartes disparaissaient et il lui était impossible de les trouver. Finalement il abandonna les recherches et promis de ne pas empêcher les prisonniers de jouer si ils lui révéler ce qu’ils ont fait avec les cartes. Les prisonniers lui répondirent que chaque fois qu’il entrait, ils glissaient les cartes dans sa poche et les reprenaient avant son départ.

Le Rav Futerfas a appris de cela que souvent nous cherchons loin ce que nous voulons, alors qu’il se trouve dans notre poche. 

5 Tamouz : Yortzeit du Rav Bentsion Chemtov (1902-1975)

5 Tamouz : Yortzeit du Rav Bentsion Chemtov (1902-1975)

 

 

Rav Bentsion Chemtov a »h naquit en 1902. Il apprend dans sa jeunesse à la yeshiva Tom’hei Temimim à Loubavitch.

Lorsque la Révolution russe amène au pouvoir les communistes anti-religieux, le Rav  Chemtov fait partie des 10 jeunes Hassidim choisis par le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Itshak Schneerson,  a qui il demande d’être prêt à donner leur vie pour la création et le maintien des Yechivot et Talmudei Torah en Russie.

Accusé de de développer les activités pour le renforcement du judaïsme, les autorités l’emprisonnent en Sibérie.

Fiancé peu de temps avant son emprisonnement avec Esther Golda Futerfass, son mariage n’aura lieu que quatre ans plus tard.

Après sa sortie de prison, il continue ses activités avec Messirout Nefesh.

En 1947,à la demande du Rabbi précédent, il quitte la Russie pour l’Angleterre où il a établi un Talmud Torah à Londres. Il participe activement au développement des Institution Loubavitch dans ce pays.

En 1951, Rabbi Menahem Mendel Schneerson prend la direction du Mouvement Loubavitch et demande au Rav Tsion Chemtov de continuer sa Chli’hout de diffusion de la Torah.

Il se rend régulièrement en Amérique du Nord et du Sud ainsi qu’en Erets Israël.

En 1975, le 5 Tamouz 5735, alors qu’il se trouvait à Kfar Habad afin de créer une école d’imprimerie pour les nouveaux immigrants de Russie, il est victime d’un accident de voiture et décède peu après.

Ses enfants sont :
Rav Avraham Its’hak Shem Tov
  Chaliah  à Philadelphie
,
Mme Bassie Azimov a »h – Chlou’ha à Paris,
Mme Soudak – Chlou’ha à Londres,
Rav Israël Shemtov   Crown Heights,
Rav Menahem Mendel Shemtov a »h  Crown Heights
et  
Rav Chalom Ber Shemtov  Roch Yechiva à Detroit.

 

Photo prise au Beth Loubavitch en 1973
De droite à gauche:
Rav Schlammé,
Rav Nissan Nemanov,
Reb Sender Menkin
 (Grand père de Mme Gourevitch de Lyon),
Rav Ben Tsion Chem Tov,
Rav Chmouel David Belinov,
Rav Korkacz 
(fondateur des boulangerie Korkacz).
Debouts, de droite à gauche:
Haim Mellul, Its’hak Gabay, khamous Malih, Elie Uzan,Yossef Schoukroun, Moché Sarfati
En bas à droite de profil : Mr René Aidan

 

 

18 Sivan : Yortsaït du Rav Binyamin ע »ה Klein, secrétaire du Rabbi

18 Sivan : Yortsaït du Rav Binyamin ע »ה Klein, secrétaire du Rabbi

Le Rav Binyamin ע »ה Klein a quitté ce monde le 18 Sivan 5775-2015 à l’âge de 79 ans.

(série de photos du Rav Binyamin Klein avec le Rabbi à la fin de l’article)

 

Témoignage du Rav Binyamin ע »ה Klein secrétaire du Rabbi :

«J’ai été le secrétaire du Rabbi durant près de trente-six ans, mais tout ce que vous savez sur le Rabbi ne représente qu’une petite idée de ce qu’il est réellement. Nous avons entendu de très belles histoires et assisté à des moments très forts, mais ce n’est pas ainsi que s’exprime réellement la personnalité du Rabbi. Tout ce que l’on dira sur lui ne le rendra pas plus grand, bien au contraire, cela limite sa grandeur. Toutefois, tout ce que l’on dit sur lui est authentique.»

Voici quelques histoires exceptionnelles dont Rav Binyamin Klein a été témoin.

Les secrets

Lorsque le Rabbi m’a proposé de travailler au secrétariat, il m’a dirigé vers le Rav ‘Hadakov, responsable principal, qui devait m’expliquer ce que l’on attendait de moi.
Il me signala qu’en tant que secrétaire, je serais nécessairement le témoin de certains événements et que j’entendrais les diverses réponses du Rabbi aux problèmes qui lui étaient soumis. Une condition s’imposait : «Ne rien divulguer autour de moi».
Les gens racontaient au Rabbi leur histoires les plus intimes, touchant parfois des questions fatidiques. Cette injonction, de ne rien laisser transpirer de tous ces secrets contenus dans le bureau du Rabbi, a été respectée durant trente-six ans. Aujourd’hui, je ressens qu’il est temps de lever le voile sur quelques anecdotes, malgré toutes les difficultés que cela implique.

«Vous ne le connaissez pas»

Lorsque j’étais étudiant à la Yechiva au 770, je me suis rendu avec un autre étudiant en mission dans les pays d’Amérique du Sud. En Uruguay, nous avons rencontré un Juif qui avait étudié à la Sorbonne avec le Rabbi (à Paris). Il était assis dans la synagogue près de l’oratoire réservé aux femmes. Nous nous sommes présentés à lui en tant que jeunes Loubavitch. Il nous a demandé si nous connaissions le Rabbi. Je lui répondis que nous voyions le Rabbi à chaque prière, tous les jours.
«Vous voyez le Rabbi, c’est un fait, mais vous ne le connaissez pas. J’ai étudié avec lui à la Sorbonne durant deux ans et je n’ai jamais pu le connaître : il se cachait de nous».

Le Rabbi et les étudiants de la Yechiva

A l’époque où j’étudiais à la Yechiva au 770, un lien très fort unissait le Rabbi et les étudiants. Il n’y avait alors pas beaucoup d’étudiants et le Rabbi connaissait chacun individuellement.
Lorsqu’il arrivait tôt le matin au 770, il se rendait à l’entrée de la grande salle d’étude et observait les jeunes gens présents. Le dernier jeudi de chaque mois, la direction de la Yechiva, les conseillers et les recteurs s’entretenaient avec le Rabbi. Celui-ci tenait en effet un compte-rendu précis de la présence et de l’étude des élèves quotidiennement et était très impliqué dans la vie de la Yechiva.
Les jeunes étudiants de la Yechiva sont les enfants du Rabbi : un père désire que ses enfants se conduisent comme il faut… J’insiste lorsque je dis que c’était la chose la plus importante pour le Rabbi : avoir beaucoup de satisfaction des élèves de la Yechiva.

Une crainte mêlée de proximité

Il est difficile de décrire ma relation avec le Rabbi. Il y a toujours eu une certaine distance, liée à un profond respect. Dans les relations humaines, on sait que l’habitude s’installe lorsque l’on côtoie régulièrement une personne et l’enthousiasme des premiers jours peut alors disparaître. Mais le Rabbi n’a jamais laissé ses secrétaires sombrer dans la routine.
J’entrais dans le bureau du Rabbi tous les jours. Je n’ai jamais omis de frapper à sa porte et d’attendre son autorisation pour entrer.
Le Rabbi consacrait beaucoup de temps à sa correspondance, il lisait tout son courrier puis y répondait. De temps à autre, il me parlait et continuait à répondre aux différentes lettres. Les gens nous donnaient les lettres du secrétariat, nous entrions rapidement les déposer sur un endroit précis de sa table de travail et prenions le courrier à envoyer. Le Rabbi nous remerciait à chaque fois que nous faisions quelque chose pour lui et nous disait toujours : «Si cela ne vous dérange pas…»
Il m’appelait en général par mon nom de famille «Klein», mais durant l’hiver 5738 – 1977, alors que nous étions jour et nuit dans sa chambre, il m’appelait par mon prénom «Binyamin».
Dans une certaine mesure, le Rabbi était très proche de nous. Il demandait régulièrement des nouvelles des familles de ses secrétaires, particulièrement lors des fêtes familiales.

Tout ce que le Rabbi a dit s’est toujours accompli !

Le Rabbi répondait aux diverses questions sur les marges de chaque lettre. J’étais celui qui transmettait, oralement ou par écrit, la réponse aux personnes concernées. D’après mon expérience longue de plusieurs dizaines d’années, je sais que jamais le Rabbi n’a jamais dit quelque chose qui ne se soit pas réalisé, à un moment ou à un autre.
Lors de la distribution du dollar qui avait lieu le dimanche matin, je me plaçais auprès de lui.
Un jour, une femme lui demanda une bénédiction pour avoir des enfants.
Ce à quoi le Rabbi répondit :
«Très prochainement !»
Avec courage, elle dit au Rabbi : «Que signifie très prochainement ?»
Le Rabbi la considéra en souriant :
«Il faut au moins neuf mois !»
Effectivement, un petit garçon naquit neuf mois plus tard !

Un de mes amis, vivant en Angleterre et avec qui j’ai étudié à la Yechiva en Israël, me demanda un jour de lui obtenir une entrevue avec le Rabbi.
Il avait en effet une fille qui, après onze ans de mariage, n’avait toujours pas d’enfant. À l’époque, il n’y avait plus d’entretien privé, je lui ai ainsi conseillé de venir un dimanche lors de la distribution du dollar.
Il expliqua le problème au Rabbi et lui demanda une bénédiction afin que sa fille ait un enfant. Le Rabbi lui répondit : «Pourquoi un seul enfant ?» Il lui donna trois dollars. On apprit par la suite qu’elle avait eu des triplés…

Le Rabbi le dirigea vers son oncle

Un homme d’affaires juif se retrouva dans une situation financière désastreuse. Il avait perdu tout son argent et était désemparé. Il n’avait jamais vu le Rabbi auparavant, mais se présenta devant lui un dimanche, lors du dollar.
Tandis qu’il demanda une bénédiction, le Rabbi lui conseilla de se rendre chez son oncle et de lui demander de l’aide.
L’oncle de cet homme non plus, n’avait jamais vu le Rabbi. L’homme fut particulièrement étonné : d’où le Rabbi connaissait-il son oncle ? D’autre part, son contact avec son oncle n’était pas des plus chaleureux… Mais après tout, il avait réellement besoin d’argent ! A sa grande surprise, l’oncle le reçut avec beaucoup de gentillesse et lui prêta la somme nécessaire pour remonter son entreprise. Peu de temps après, il put même le rembourser et éponger toutes ses dettes.

Une histoire presque similaire se produisit avec le directeur d’une Yechiva non ‘hassidique en Israël, qui vint aux Etats-Unis pour collecter de l’argent pour son institution qui se trouvait dans une condition financière très délicate. Au bout de trois mois, la situation ne s’étant guère améliorée, il s’apprêta à retourner en Israël, lorsqu’il rencontra un de ses amis Loubavitch, qui lui conseilla de se rendre auprès du Rabbi afin de recevoir sa bénédiction. Il prit donc un rendez-vous en urgence pour une audience privée.
Lorsqu’il exposa au Rabbi la situation financière de sa Yechiva, le Rabbi lui demanda quand il comptait rentrer en Israël. Ce devait être le lendemain… Le Rabbi lui conseilla de faire escale à Toronto au Canada. L’homme était interloqué : cela faisait déjà trois mois qu’il parcourait le continent nord-américain sans succès, et il n’avait par ailleurs pas de quoi payer un billet d’avion!
Cependant, son ami l’encouragea à refaire le voyage et lui proposa même de payer la somme nécessaire au changement d’itinéraire.
Dans l’avion pour Toronto, le directeur rencontra un jeune Juif avec qui il sympathisa ; il lui fit même part de ses soucis. Le jeune garçon fut touché par ses problèmes et lui proposa de rencontrer son patron, qui dirigeait une grande compagnie d’assurance. Même s’il n’était pas dans ses habitudes de donner de grandes sommes à la charité, il organisa la rencontre entre les deux hommes. Le directeur de la Yechiva présenta son institution et en dressa le bilan financier.
«De quelle somme avez-vous besoin ?» questionna le patron. Le déficit s’élevait à 22.000 dollars. Sur ce, le directeur de la compagnie sortit son chéquier et rédigea un chèque du montant en question.
S’agissait-il là d’une plaisanterie ? Après cinq minutes de discussion et sans connaître la personne, offrir une telle somme !? Le donateur expliqua la raison de son geste :
«Cette nuit, j’ai rêvé de mon père (de mémoire bénie). Il me disait : «Tu dois faire quelque chose pour moi, donne de l’argent à la charité !»
J’ai promis à mon père d’accomplir sa volonté… Vous voilà, demandant une aide de 22.000 dollars, or cela fait aujourd’hui vingt-deux ans que mon père a quitté ce monde ! J’ai alors immédiatement compris que je devais vous aider».

Comment le Rabbi savait-il ?

J’ai souvent eu l’occasion d’avoir pour invité un médecin israélien spécialiste en gynécologie, lorsqu’il était de passage aux Etats-Unis. Il me raconta que nombre de ses patientes écrivaient régulièrement au Rabbi, qui leur prodiguait, d’après lui, des conseils médicaux judicieux, dignes des plus grands experts.
Ce gynécologue pensait en fait que le Rabbi était entouré de médecins spécialistes qui répondaient aux questions médicales soulevées dans les différentes lettres qu’il recevait du monde entier, le Rabbi ne faisant que transmettre les réponses.
Je lui répondis en lui racontant l’épisode suivant :
«Il y a quelques semaines de cela, une de vos patientes m’appela un vendredi matin. Elle revenait d’une consultation avec vous. Vous lui aviez conseillé de subir une césarienne en urgence, car il s’agissait d’une question de vie ou de mort et que toute attente pouvait aggraver la situation, D-ieu préserve. Chabbat n’allait pas tarder à entrer en Israël et il fallait prendre impérativement une décision.
Je l’ai laissé en attente quelques minutes, essayant de joindre le Rabbi au plus vite ; il me dit de lui transmettre d’attendre jusqu’à la fin du Chabbat. Après Chabbat, on apprit qu’elle avait accouché normalement. J’ai dévoilé le nom de la malade au médecin, qui se souvenait clairement de cet événement. Je lui dis : «Vous comprenez sans doute que, lorsque je me suis rendu au bureau du Rabbi vendredi, il n’y avait ni médecin, ni assemblée médicale auprès de lui ! Le médecin stupéfait voulut savoir comment le Rabbi savait répondre à chaque cas. Je lui répondis : «Parce que c’est le Rabbi !»

Un Rav qui n’était pas d’obédience hassidique se rendit chez le Rabbi pour recevoir sa bénédiction. Le Rabbi lui demanda d’essayer d’influencer les Juifs de sa ville à acheter de la viande cachère. Le Rav s’exclama alors: «A quoi cela sert-il d’acheter de la viande cachère, sachant que les ustensiles de cuisine chez ces familles ne sont pas cachers !» Le Rabbi lui répondit : «Il faut absolument rompre un tant soit peu avec la psychologie des gens qui se méprennent, pensant que la nourriture cachère n’est pas bonne ; lorsqu’ils mangeront de la viande cachère et se rendront compte qu’elle a bon goût, ils accepteront de manger vraiment cachère et l’on pourra donc plus facilement les inciter à cachériser leur cuisine».

L’organisation de la journée du Rabbi

Les journées du Rabbi étaient consacrées à la communauté. Les dernières années, il arrivait au 770 à dix heures du matin et restait dans son bureau jusqu’à une ou deux heures du matin.
Dans les années précédentes, il arrivait un peu plus tard vers onze heures, car il restait au bureau jusque très tard la nuit, lors des soirées où il accordait des audiences privées. Certaines personnes restaient de longues heures en entretien.
De plus, des centaines de lettres parvenaient au Rabbi chaque jour : personne d’autre que lui n’ouvrait ces courriers et il veillait à répondre à chacun personnellement. Lorsqu’il rentrait chez lui au petit matin, il prenait avec lui du travail à finir ; il ramenait le lendemain au 770 le courrier auquel il avait répondu.
Le Rabbi précédent disait de lui qu’il ne dormait jamais à quatre heures du matin : ou bien il n’avait pas encore dormi, ou bien il était déjà levé. Je ne sais pas combien d’heures par nuit le Rabbi dormait.
En revanche, après l’événement de Sim’hat Torah 1977 où il eut une crise cardiaque, il était tout le temps dans son bureau, et nous étions vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec lui, là je puis vous dire qu’il n’a jamais dormi longtemps. Avant de s’assoupir, il organisait déjà son planning pour plus tard.
S’il dormait à 22 heures, il se levait vers 23h 30 puis continuait à travailler. Lorsqu’il était fatigué, il se reposait un petit moment, mais il n’a jamais dormi plus de quelques heures à la suite.

Une patience sans limites

Il y a une qualité particulière que le Rabbi nous enseigna : la patience.
La patience du Rabbi envers chacun était exceptionnelle. Des milliers de personnes venaient le voir pour recevoir un dollar. Le Rabbi ne coupa jamais la parole à qui que ce soit, il attendait toujours que son interlocuteur conclut ses propos, et donnait ensuite son avis.
Certaines personnes se répétaient plusieurs fois, pensant que le Rabbi ne les avait pas comprises. Le Rabbi les écoutait avec attention. Le temps du Rabbi était précieux, mais il était attentif avec tout le monde, et n’a jamais renvoyé qui que ce soit de son bureau.
A l’époque où il recevait en entretien privé, une dame prit son tour tard dans la nuit.
Elle laissa passer de nombreuses personnes avant elle, voulant être la dernière à être reçue. Elle parla avec le Rabbi, et il semblait qu’elle ne voulait pas finir. Il était très tard, et le Rabbi n’avait d’autre choix que de l’écouter.
Nous sommes rentrés, et lui avons dit qu’il se faisait vraiment tard. Le Rabbi devait rentrer chez lui, mais elle continua de discuter, même après la fin de l’entretien. Le Rabbi se leva et continua à lui parler tout en prenant son manteau. Il se préparait à sortir, mais elle poursuivait la conversation tout en marchant, jusqu’à ce que le Rabbi sorte du 770.
L’histoire ne s’arrête pas là : lorsque le Rabbi arriva chez lui, il appela le secrétariat et demanda que deux jeunes gens l’accompagnent chez elle en taxi, prenant les frais de déplacement à sa charge…

Traduit par Sonia Abrahami et Feiga Lubecki «Kfar Chabad»

 

29 Iyar : Yortsaït du Rav ‘Haim Hillel Azimov, directeur des Talmud Torah Loubavitch de Paris

29 Iyar : Yortsaït du Rav ‘Haim Hillel Azimov, directeur des Talmud Torah Loubavitch de Paris

 

Le Rav ‘Haim Hillel Zyslin-Azimov ben Tsvi Hirsh est né en Russie en 1912. Il arrive à Paris avec sa famille en 1949, fuyant le communisme. Pour la plupart des hassidim Habad qui fuyaient le communisme, la France était un lieu de transit, pour aller soit en Terre Sainte, soit aux Etats-Unis. Le Rav Haim Hillel, son épouse Reisha et leurs enfants furent parmi les rares familles qui s’installèrent en France. En 1949, il n’y avait plus beaucoup de juifs à Paris, la plupart des survivants de la shoah éloignés de la religion, et la ville était quasiment dépourvue de toute vie juive.

Il fut le directeur des Talmud Torah Loubavitch de Paris pendant 30 ans. Il était un Hassid d’une très grande discrétion et d’une grande crainte de D.ieu.

Il était le père du Rav Chmouel Azimov, Chalia’h du Rabbi à Paris.

Pendant de longues années, il était le Baal Koré à la synagogue de la rue Pavé, dans le 4ème arrondissement de Paris.

Il a quitté ce monde le 29 Iyar 5741 – 2 juin 1981, alors qu’il allait prendre le train pour la Hollande.

Ses enfants : Mme Raizel Raskin – (Maroc), Mme Sara Even-Yisroel (Steinsaltz) – (Jerusalem), Rav Chmouel Azimov a »h – (Paris), R’ Moshe Nissan Azimov – (Jérusalem), Mme Devora Markowitz – (Australie), Mme Esther Matusof – (Toulouse)  et Mme Shterna Shanowitz – (Los Angeles).

Hayom Yom du 29 Iyar : « L’élévation de l’âme (de celui qui a quitté ce monde) se fait trois fois par jour, au cours des trois prières.
Ceci est particulièrement vrai pour l’âme des Justes qui « s’élèvent d’un niveau vers l’autre ». Il est certain qu’en tout temps et en tout lieu sacré où ils peuvent se trouver, ils prient et intercèdent en faveur de ceux qui sont liés à eux et à leurs enseignements, qui respectent leurs instructions. Ils prient en particulier pour leurs disciples et les disciples de leurs disciples, afin que D.ieu leur vienne en aide, matériellement et spirituellement. »

 

Correspondance du Rabbi de Loubavitch avec le Rav Haim Hillel Azimov

Par la grâce de D.ieu, 22 Iyar 5711, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 12 Iyar, dans laquelle vous me décrivez l’action que vous menez à travers les Talmud Torah de votre ville et les cours fixés pour des particuliers, chez eux.

Il serait bon que vous adressiez ici une liste des élèves de ces Talmud Torah et de ces cours. Vous préciserez également le nom de leur mère pour que cette liste puisse être lue, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi.

Il est inutile de vous dire à quel point ces accomplissements sont importants. Il va sans dire que l’effort tendant à multiplier ces élèves n’a pas de limite et que vous ne pouvez nullement vous contenter du nombre actuel, comme le soulignent nos Sages, commentant le verset “ au matin, plante tes graines et, le soir, ne reste pas inactif ”. Ils disent aussi que “ celui qui préserve une âme est considéré comme s’il avait sauvé le monde entier ”.

A n’en pas douter, vous accomplissez déjà tout ce qui est possible, en la matière, mais l’on conseille l’empressement uniquement à ceux qui, par nature, possèdent cette qualité. C’est la raison pour laquelle je vous adresse ces quelques lignes.

Vous avez sûrement connaissance du proverbe suivant du Rabbi Maharach : “ Si tout est déjà bien, ne peut-on faire mieux ? ”. Le moment est donc venu de guider les élèves, en particulier ceux des Talmud Torah, de leur enseigner non seulement la lumière de la Torah et la bougie qu’est la Mitsva, mais aussi le luminaire de la Torah, c’est à dire la ‘Hassidout, bien évidemment d’une manière qui convient à chacun, selon son niveau, comme l’explique aussi la causerie de Lag Baomer, que vous trouverez ci-jointe.

Je vous demanderai de bien vouloir transmettre ma bénédiction, une bénédiction de réussite dans leurs accomplissements à tous ceux qui apportent leur contribution à ces réalisations. Que s’accomplisse en eux la promesse de nos Sages selon laquelle “ on vient en aide à celui qui désire se purifier ”. On lui confère les forces nécessaires, de sorte que la Torah et les Mitsvot fructifient en eux. Vous consulterez, à ce propos, le Likouteï Torah, commentaires de Chemini Atséret, au discours intitulé “ D.ieu sera avec moi pour ceux qui me viennent en aide ”, au chapitre 5.

A quiconque intensifie son action, on apporte des bénédictions accrues, on multiplie les forces, la vitalité et la lumière, dans les domaines communautaires comme dans les besoins personnels.

Je fais réponse à la question que vous posez sur le début du second chapitre du Tanya, qui cite l’expression “ d’en haut, véritablement ”(2) :
1) L’Admour Hazaken disait “ en haut ” pour définir le monde spirituel d’Atsilout, comme le souligne le discours ‘hassidique intitulé “ Il se revêt de lumière comme un vêtement ”, prononcé en 5672(3).
2) Les résumés du Tanya, à la page 73, disent que “ en haut ” désigne Atika Kadicha(4), qui transcende le monde d’Atsilout. Le terme “ véritablement ” semble donc inutile.
3) Une lettre de mon beau-père, le Rabbi, datée de 5698(5), que nous imprimerons, avec l’aide de D.ieu, le moment venu, raconte longuement de quelle manière le Tséma’h Tsédek médita longtemps sur ces mots. En effet, “ d’en haut ” désigne la plus haute élévation qui soit. Comment donc juxtaposer ce terme avec le terme “ véritablement ”, correspondant à ce que l’on peut toucher de ses doigts ? N’y a-t-il pas là une contradiction ? L’Admour Hazaken répondit, à cette question, que “ d’en haut ” désigne l’extase et “ véritablement ”, le retour vers la matière.

A mon avis, voici comment il faut comprendre cette réponse. Le retour vers la matière révèle en l’âme deux éléments opposés :
1) D’une part, celle-ci acquiert le caractère de la matérialité, peut être touchée du doigt.
2) D’autre part, elle reçoit également une élévation sans aucune commune mesure avec les précédentes. Telle est précisément la supériorité du retour vers la matière, par rapport à l’extase.
Vous consulterez également le commentaire du Tanya du Rachag(6), qui est ronéotypé, à la page 144.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre travail et pour une bonne santé,

Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. (2) Définissant l’âme divine comme “ une parcelle de Divinité d’en haut, véritablement ”. (3) 1912, par le Rabbi Rachab. (4) Partie profonde de Kéter, la couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes. (5) 1938. (6) Le Rav Chmouel Gronam Estherman, guide spirituel de la Yechiva, à Loubavitch.

 

Talmud Torah de Montmartre en 1969, dirigé par le Rav Haim Hillel  Zyslin

 

Par la grâce de D.ieu, 18 Tévet 5712, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu, se consacre aux besoins communautaires avec dévouement, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre et à votre demande de bénédiction, à l’occasion de la naissance de votre fille, en un bon moment. Vous l’avez appelée Esther Hadassa. Je vous exprime ma bénédiction par la présente, une bénédiction de Mazal Tov. Vous la conduirez, avec votre épouse, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, dans le calme de l’esprit et du corps.

Conformément à l’enseignement du Rabbi Rachab, notre coutume est de dire, également pour la naissance d’une fille, « à la Torah(2), au dais nuptial et aux bonnes actions ». Nos Sages expliquent, en effet, au traité Bera’hot 17a(3) : « En quoi consiste le mérite des femmes ? Elles conduisent… elles envoient… elles attendent ».

J’ai lu avec satisfaction que vous invitez les parents qui, pour différentes raisons, n’ont pas circoncis leurs enfants, à le faire et que vous connaissez la réussite, dans cette activité. Vous vous posez quelques questions sur ces circoncisions, puisqu’un Minyan(4) ne peut pas toujours être réuni. Vous interrogerez donc les Rabbanim ‘hassidiques de votre ville. Vous leur décrirez, par le détail, la situation qu’ils comprendront, se trouvant sur place. Ils vous diront ce qu’il y a lieu de faire. Vous consulterez également le Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 265, paragraphe 6.

Vous m’interrogez à propos de l’étude avec les élèves(5), dont le temps est réduit. Vous me demandez s’il est préférable de prier avec eux ou de leur enseigner le ‘Houmach. La plupart d’entre eux n’ont pas encore fait leur Bar Mitsva. Il faut donc leur apprendre ce qui s’applique à l’action concrète, les lois qui leur sont nécessaires. Il faut aussi leur donner des notions de ‘Houmach.

Leur enseigner les lois signifie aussi leur montrer comment les appliquer, leur expliquer les aspects concrets, ce qui suppose également de prier avec eux(6), chaque jour, afin de les habituer à dire le Chema Israël et le Chemoné Essré, les bénédictions du matin et celles de la nourriture.

Je vous joins ma lettre, adressée à tous, à l’occasion de la « fête de toutes les fêtes », le 19 Kislev. Vous la diffuserez sûrement, de la manière qui convient.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission et dans vos préoccupations personnelles,

Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, la lettre n°1017. (2) Bien qu’une femme ne soit pas tenue d’étudier la Torah. (3) « Rav dit à Rabbi ‘Hya : En quoi consiste le mérite des femmes ? Elles conduisent leurs enfants à la synagogue, elles envoient leur mari dans la maison des sages. Puis, elles attendent leur mari, jusqu’à leur retour de la maison des sages ». (4) Il est préférable que la circoncision soit faite en présence de dix personnes. (5) Des Talmud Torah. (6) Leur enseigner les lois de la prière implique aussi de leur montrer comment les mettre en application.

 

Le Rav Haim Hillel Azimov et son fils le Rav Chmouel Azimov

 

Par la grâce de D.ieu, 10 Iyar 5712, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du dernier Chabbat, qui contenait une demande de bénédiction pour… Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, j’en donnerai lecture et, à n’en pas douter, il invoquera pour lui la miséricorde divine.

Il serait bon de demander à sa mère, sans, bien sûr, la faire souffrir inutilement, si sa naissance a été pure(2). En tout état de cause, il faut lui demander de placer chez elle de bonnes Mezouzot. Il serait bon, dans la mesure du possible, que le fils porte un Talith Katan. Si son état de santé évolue de manière positive, vous ne manquerez pas de m’annoncer cette bonne nouvelle.

J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que vous vous préparez à faire usage de la période des vacances, qui approche, pour conduire quelques élèves à la Yechiva(3). Il faut investir, dans cette activité, de l’ardeur et beaucoup de forces, afin de multiplier le nombre de ces élèves.

D’une part, la fin du vingt cinquième chapitre du Tanya explique que “ cette unité(4), là-haut, est éternelle et immuable ”. De même, la Mitsva que ces élèves accompliront, ne serait-ce qu’une seule fois, sera “ là-haut, éternelle et immuable ”.

De plus, et peut-être même est-ce là le point essentiel, lorsque ces élèves entendront des explications de la Torah, un mot invitant à la crainte de D.ieu, une idée liée à une Mitsva, ils implanteront en eux la Lumière infinie de D.ieu et recevront une force éternelle qui, au final, exercera son effet, y compris ici-bas.

Que D.ieu vous accorde la réussite, de même qu’à ceux qui vous viennent en aide dans votre mission sacrée. Vous réaliserez votre action de manière fructueuse et surnaturelle, de sorte que l’effet s’en révèle au sein de la nature. En conséquence, vous connaîtrez également la réussite dans vos préoccupations personnelles.

Avec ma bénédiction,

Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, les lettres n°1355 et 1794. (2) Si elle respectait les lois de la pureté familiale, lors de sa conception. (3) De Brunoy. (4) Celle qui est créée entre D.ieu et l’homme qui étudie la Torah.

 

 

Par la grâce de D.ieu, 27 Mena’hem Av 5712, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été très heureux de prendre connaissance des efforts que vous avez déployés pour circoncire les enfants, parmi vos élèves(2) qui, pour une quelconque raison, ne l’étaient pas encore. Il est particulièrement important qu’un Juif contracte l’alliance de notre père Avraham(3). De plus, la circoncision a un caractère primordial, puisque treize alliances ont été conclues, en relation avec elle.

Par ailleurs, le nom hébraïque de la circoncision, Mila, est constitué par les initiales des mots du verset « Qui montra pour nous dans le ciel? » et les dernières lettres de ces mots forment le Nom divin Avaya(4).

De plus, je suis très satisfait de constater que vous ne vous contentez pas d’assumer vos fonctions d’enseignant, que vous avez perçu l’aspect essentiel et profond de cet enseignement, le fait de rapprocher les cœurs des enfants d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux.

Puisse D.ieu faire que vous connaissiez la réussite dans votre mission, que celle-ci soit surnaturelle, que vous exerciez une influence sur vos élèves et, par leur intermédiaire, sur le foyer de leurs parents, afin de les éclairer par « la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ».

Avec ma bénédiction de réussite dans vos activités communautaires et en ce qui vous concerne personnellement, de même que tous les membres de votre famille,

Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, la lettre n°1655. (2) Des Talmud Torah de la région parisienne. (3) Celle de la circoncision. (4) Le Tétragramme.

 

 

Par la  grâce de D.ieu, 4 Adar Richon 5714, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre de Roch ‘Hodech. J’ai été particulièrement satisfait que vous organisiez, de la manière qui convient, une réunion ‘hassidique(2) pour les enfants du Talmud Torah. Je suis surpris de ne pas avoir reçu la même nouvelle du Beth Rivka(3). J’ai bon espoir que le manque concerne uniquement le fait d’écrire, mais non l’action concrète.

Je lirai la demande de bénédiction qui figure dans votre lettre, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse D.ieu faire que vous m’annonciez une amélioration de la santé physique et, dans la mesure du possible, de la santé morale de ceux que vous contactez, dans le cadre de votre mission sacrée(4). Et, il est dit qu’un effort est toujours couronné de succès.

J’ai appris avec satisfaction que l’étude de la ‘Hassidout a été renforcée dans votre implantation(5). Sans doute, les femmes se réunissent-elles également, de temps à autre, de sorte que leurs réunions conduisent à des Mitsvot, en général et à de bons sentiments, en particulier.

Que D.ieu accorde la réussite à chacun d’entre vous.

Avec ma bénédiction,

Notes : (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°1555. (2) A l’occasion de la Hilloula du 10 Chevat. (3) De Yerres, dans la région parisienne. (4) La collecte de fonds pour les institutions Loubavitch. (5) L’une des implantations de la région parisienne, entre lesquelles les ‘Hassidim se répartissaient.

 

De gauche a droite, le Rav Dahan, Le Rav Levin et le Rav Haim Hillel

 

Par la grâce de D.ieu, 21 Iyar 5714, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du jour lumineux de Lag Baomer. Je vous remercie beaucoup pour la bonne nouvelle que vous m’annoncez, celle de la réunion ‘hassidique que vous avez organisée pour les élèves(2), à l’occasion de ce jour.

Sans doute vous efforcerez-vous d’introduire encore de telles initiatives, à l’avenir. Vous connaissez l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ grand est le repas partagé, qui rapproche ”, en particulier quand il s’agit de petits garçons et de petites filles, à propos desquels il est dit : “ Il faut que la main droite rapproche…(3) ”.

Vous multipliez sûrement vos efforts, à l’approche des vacances(4). De nombreux élèves sont alors libérés de leurs études dans les écoles publiques et les parents souhaitent les occuper, au moins pendant quelques heures par jour. Le moment est donc propice pour leur faire connaître la Yechiva Loubavitch et le Talmud Torah, pour les persuader d’intégrer l’une de ces institutions.

Si l’on s’occupe d’eux comme il convient, pendant qu’ils seront dans ces institutions, on peut espérer que bon nombre d’entre eux resteront dans les quatre coudées de ‘Habad.

Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille, lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous soyez en bonne santé.

Que D.ieu vous accorde le succès, en tous ces domaines.

Avec ma bénédiction de réussite,

Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°2453. (2) Des Talmud Torah de la région parisienne dirigés par le Rav Azimov. (3) Et que la main gauche repousse. On doit multiplier les actes de bienveillance et n’être sévère que dans la mesure de la nécessité. (4) Voir également la lettre n°2641.

 

Le Rav Haim Hillel et son fils le Rav Chmouel Azimov

 

Par la grâce de D.ieu, 8 Chevat 5715, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres des 3 et 5 Chevat, avec les demandes de bénédiction et les listes qui y étaient jointes. Sans en faire le vœu, j’en donnerai lecture près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Il est sans doute inutile de rappeler aux ‘Hassidim transmettant de telles demandes de bénédiction qu’ils doivent, pour leur part, rappeler, à ceux qui les leur remettent, l’explication donnée par mon beau-père, le Rabbi, dont nous célébrons la Hilloula, à propos de l’expression “ pluies de bénédiction ”(2).

La bénédiction est, en effet, comparable à la pluie, qui n’apporte une réussite considérable que dans la mesure où l’on laboure et l’on sème. Vous trouverez sûrement les termes pour expliquer tout cela. Et, D.ieu vous accordera la réussite.

On a sans doute expliqué aux élèves des Talmud Torah qui est celui dont on célèbre la Hilloula, ce que fut sa vie et quelques unes de ses actions, selon ce qu’ils peuvent en comprendre. Si on ne l’a pas fait, il faudra s’y employer maintenant, pendant les jours proches de la Hilloula.

Puisse D.ieu faire que ces propos exercent leur effet sur ceux qui les prononcent et sur ceux qui écoutent.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en bonne santé, physique et morale,

Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, la lettre n°2676. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2290.

 

 

Par la grâce de D.ieu, 27 Sivan 5715, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 20 Sivan, de même qu’à celles qui la précédaient, avec tout ce qu’elles contenaient.

A) Les demandes de bénédiction qui accompagnaient votre lettre seront lues, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Pour votre part, vous vous efforcerez d’expliquer à chacun d’entre eux(2) qu’ils doivent intensifier leur engagement en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. C’est de cette façon que l’on obtient les bénédictions de D.ieu, en tout ses besoins, matériels et spirituels, de même qu’en ceux des membres de sa famille.

Cette demande de bénédiction sera lue près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, auquel il convient donc de s’attacher, afin de forger le canal et le réceptacle nécessaires pour intégrer les bénédictions que l’on reçoit, quand il invoque la miséricorde divine. Pour cela, une action permettant de se lier à lui est nécessaire.

On fixera donc une étude de son enseignement ou, tout au moins, de la ‘Hassidout, puisqu’il est le successeur de son fondateur. On mettra en pratique ses décisions, en particulier celle de lire des Tehilim, chaque jour, après la prière.

Et, nos Sages disent que “ les paroles émanant du cœur pénètrent dans le cœur ”(3).

B) J’ai été satisfait d’apprendre que vous avez organisé une réunion ‘hassidique pour les élèves(4) et que vous l’avez fait précisément à Brunoy(5), c’est-à-dire loin de Paris, ainsi qu’il est dit : “ Va-t-en, pour toi, de ton pays et de la maison de ton père ”.

Heureux sont ceux qui ont apporté leur concours pour organiser tout cela. Vous voudrez bien leur transmettre mes remerciements, en particulier aux responsables que vous mentionnez dans votre lettre, messieurs Yadlitski, Zilberman, Morde’haï Miller et Pinkas. Que D.ieu augmente Sa bénédiction pour chacun d’eux, en tous leurs besoins, matériels et spirituels.

C) J’espère que la réussite de cette entreprise vous conduira à redoubler d’ardeur pour la renouveler, à plusieurs reprises, pendant l’été. Bien évidemment, vous pouvez également le faire sous une autre forme et avec un autre contenu.

L’essentiel est d’apporter aux élèves ce dont ils ont besoin(6) pour passer l’été.

D) Vous me dites que vous enverrez vos fils passer l’été à la Yechiva. Cela est une bonne initiative.

Puisse D.ieu faire qu’ils raffermissent leur santé, moralement et donc aussi physiquement.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : On a sûrement indiqué aux professeurs qu’ils doivent, suffisamment tôt, parler aux élèves du 12 Tamouz.

Je vous joins la suite de la note sur l’emprisonnement(7), qui vient d’être éditée.

Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°2676. (2) De ceux qui ont demandé une bénédiction. (3) Ainsi, il sera possible de convaincre ces personnes. (4) Des Talmud Torah. (5) Dans la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch de la région parisienne. (6) Textuellement “ des provisions pour la route ”. (7) Du précédent Rabbi.

 

 

Par la grâce de D.ieu, 12 Tichri 5716, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction pour cette personne(2). J’en donnerai lecture, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Il faudrait lui expliquer, de la manière qui convient, que ce qui lui arrive fait allusion à l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ la royauté terrestre est à l’image de la royauté céleste ”. Le sentiment que lui inspire un jugement prononcé par les hommes doit, a fortiori, lui fournir une indication sur l’état d’esprit qui aurait dû prévaloir pendant les dix jours séparant Roch Hachana de Yom Kippour.

D.ieu, dans Sa grande bonté, considérant que le comportement pendant ces dix jours n’a pas été ce qu’il devait être, lui fait une allusion à cela en provoquant un jugement rendu par les hommes. Cette allusion sera donc suffisante, comme le souligne le Ari Zal, commentant le verset “ Il tendra la joue à celui qui le frappe et se rassasiera de honte ”. En l’occurrence, cette honte suffira pour s’acquitter de son obligation.

Puisse D.ieu faire que cette personne donne de bonnes nouvelles de ce qui la concerne, en particulier de son ajout à la Torah, partie révélée et ‘Hassidout, de même que de sa pratique des Mitsvot.

Avec ma bénédiction, à l’occasion de la fête(3),

Notes  (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, les lettres n°3587 et 4180. (2) Vraisemblablement déférée devant un tribunal. (3) De Soukkot.

 

 

Par la grâce de D.ieu, 25 Adar 5716, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous envisagez de vous rendre au Danemark(2). Puisse D.ieu faire que vous connaissiez la réussite dans la récolte de biens matériels et dans les semailles de spiritualité, conformément au dicton bien connu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Plus vous intensifierez les semailles spirituelles, ce qui est livré au libre arbitre de l’homme, plus vous accroîtrez le premier point(3), qui dépend de D.ieu. Nos Sages disent, en effet, que “ tout est dans les mains de D.ieu, sauf la crainte de D.ieu ”.

Vous m’écrivez que vous envisagez de distribuer de la Matsa Chemoura aux élèves du Beth Rivka et des Talmud Torah, là où cela sera possible. C’est une très bonne initiative. Puisse D.ieu faire que cette Matsa agisse en tant que “ aliment de la guérison ” et “ aliment de la foi ”. Il n’est pas de mots pour expliquer le grand mérite revenant à ceux qui se consacrent à tout cela.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit, pour donner de bonnes nouvelles et pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes  (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°3820. (2) Afin de collecter des fonds pour les institutions Loubavitch de la région parisienne. (3) La collecte de fonds.

 

 

Par la grâce de D.ieu, 4 Sivan 5716, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Sans doute réfléchissez-vous à un programme pour la période de l’été, qui approche, lorsque les jeunes sont en vacances de l’école et des études profanes. De nombreuses actions peuvent alors être menées, dans le cadre des Talmud Torah. Et, il a été dit que “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”(2).

Il est sûrement inutile de vous rappeler que vous devez, par la suite, correspondre avec les personnes des endroits que vous visitez(3), afin d’entretenir leur motivation et, avant tout, les conduire à prendre de bonnes décisions, concrètement applicables.

A l’occasion de la fête de Chavouot, qui approche, puissions-nous mériter, au sein de tout Israël, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde.

Notes  (1) Le Rav H. H. Azimov, directeur du réseau des Talmud Torah Loubavitch de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°3820. (2) Il convient donc de solliciter le conseil d’autres personnes. (3) Afin de collecter des fonds pour les institutions Loubavitch.

 

 

Par la grâce de D.ieu, 1er jour de Roch ‘Hodech Elloul 5716, Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 23 Mena’hem Av, qui faisait suite à une interruption particulièrement longue, de même que vos deux demandes de bénédiction, qui seront lues, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous m’expliquez pour quelle raison il est impossible de convaincre ces jeunes gens. Or, quiconque méditerait à l’histoire d’Israël, en général et à celle de la ‘Hassidout, en particulier, en adoptant de tels principes parviendrait à des conclusions dramatiques, ce qu’à D.ieu ne plaise, c’est bien évident.

J’ai, malheureusement, déjà été habitué à de telles “ explications ”, qui ont pour effet de multiplier les doutes sur l’issue fructueuse d’une action. Et, en conséquence, on ne fait rien, bien que nos Sages affirment qu’en situation de danger, on doit agir, même en cas de doute ou de “ doute de doute ”.

En l’occurrence, il s’agit bien de conduire ces jeunes gens au monde futur et, bien souvent également, à ce monde.

Vous décrivez l’action et le comportement adopté envers les élèves(2), à l’occasion du 12 Tamouz(3). J’en suis satisfait. Sans doute poursuivrez-vous tout cela. Ceci peut être comparé à une plantation. On peut vérifier concrètement que celui qui plante des graines sait qu’elles ne germeront pas toutes. Il en plante donc un certain nombre car, s’il se limitait à quelques unes, cela n’aurait pas le même effet.

Or, on peut logiquement s’interroger sur une telle démarche. Pourquoi gâcher plusieurs dizaines de graines dans un champ qui, concrètement, n’en fera germer que quelques unes ? Dans la pratique, si l’on adopte cette position rationnelle, ces quelques graines elles-mêmes ne pousseront pas.

En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse D.ieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout cela.

Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,

Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°3820. (2) Des Talmud Torah de la région parisienne. (3) Date de la libération du précédent Rabbi des prisons soviétiques.

 

 

Par la grâce de D.ieu, 12 Tévet 5717, Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre du 8 Tévet, avec les demandes de bénédictions qui l’accompagnaient et qui seront lues, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous me faites part de vos actions et de votre organisation pour cette année scolaire(2). Vous me dites que quelques études supplémentaires ont été ajoutées et que des réunions ‘hassidiques sont organisées, entre les professeurs et les élèves.

Puisse D.ieu faire que cet ajout soit à la fois quantitatif et qualitatif, que l’on ne se suffise pas de ce qui a été accompli, mais que l’on y fasse un ajout. En effet, on peut constater le succès que l’on obtient grâce à la grande miséricorde invoquée par nos saints maîtres, dont le mérite nous protège.

Néanmoins, on ne se sert pas de tout cela comme il le faudrait, ni même partiellement et, malheureusement, ce n’est pas seulement pour les Talmud Torah qu’il en est ainsi. Je veux dire que l’on devrait utiliser la bénédiction et la réussite que D.ieu accorde également dans les autres institutions des ‘Hassidim, comme le Beth Rivka ou la Yechiva Tom’heï Temimim.

Comme vous le savez(3), mon beau-père, le Rabbi, dans l’une de ses causeries, alors qu’il vivait encore dans ce monde, affirma, faisant allusion à la période qui suivrait la venue de notre juste Machia’h : “ Bientôt viendra une époque où l’on se tapera sur le front en disant : ‘Nous avons vécu un moment si précieux et nous n’en avons même pas profité !’ ”.

Il serait bon de rappeler à cet homme(4) qu’il a observé les miracles que D.ieu a accomplis pour lui, comme il le reconnaît lui-même. Il doit donc attirer ces miracles par l’intermédiaire de la Torah et de ses Mitsvot. C’est de cette façon qu’ils se révèlent ici-bas et qu’ils se perpétuent, pour de longs jours et années.

Puisse D.ieu faire que vous trouviez les mots qui conviennent, afin de lui expliquer tout cela et d’obtenir le résultat escompté.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes  (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°4416. (2) Du réseau des Talmud Torah de Paris. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2517. (4) Le Rav Azimov, dans sa lettre, interrogeait vraisemblablement le Rabbi à son sujet.

 

 

Par la grâce de D.ieu, 18 Mena’hem Av 5721, Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 15 Av, avec ce qui y était joint. Vous m’interrogez sur l’heure de la sortie du Chabbat(2). Celle-ci n’est pas identique dans tous les pays et à toutes les périodes de l’année. Il faut donc consulter les Rabbanim, enseignant la Hala’ha, à Paris et dans sa région, qui possèdent des connaissances en la matière.

Pour déterminer concrètement l’heure précise du lever du soleil et de son coucher, il convient de consulter le calendrier qui est publié par l’association astronomique de France, car cet organisme est expert et digne de foi, en la matière. Toutefois, l’heure du coucher du soleil qu’elle indique n’est pas toujours celle du Choul’han Arou’h. En tout état de cause, ce point ne sera pas développé ici. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes  (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°5025. (2) Vraisemblablement dans le but d’établir le calendrier juif pour la nouvelle année.

 


Talmud Torah de Montreuil


Talmud Torah de la rue Doudeauville – Paris 18,  en 1978


1970

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