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À la fin de 5699-1939, quand éclata la Seconde Guerre mondiale, l’Association des ‘Hassidim ‘Habad aux États-Unis, dirigée par le Rav Israël Jacobson et les frères Chnéor Zalman et Yekoutiel Sam Kremer, reçut les premières informations sur la domination des tortionnaires nazis, qui s’étendait à toute l’Europe. Aussitôt, cette association multiplia les démarches dans le but de sauver le précédent Rabbi, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson, qui était toujours reclus à Varsovie, où il s’était installé en quittant Otwock, dans les faubourgs de la capitale polonaise, lieu d’implantation de la yéchiva Tom’heï Temimim Loubavitch.

Les informations concernant le Rabbi précédent furent alors, pour la plus large part, obtenues et transmises aux États-Unis, par son gendre et sa fille, le Rabbi et la Rabbanit ‘Haya Mouchka, qui, à l’époque, résidaient à Paris, où ils avaient été informés de la situation par des rescapés, ayant pu échapper au siège de Varsovie.

À l’époque, eurent également lieu les premières tentatives pour sauver les autres membres de la famille du Rabbi. Afin qu’il soit plus aisé d’obtenir des visas d’immigration aux États-Unis, les responsables de l’Association des ‘Hassidim ‘Habad devaient avoir connaissance de différents détails personnels concernant ceux qui devaient être sauvés, en particulier les dates de naissance figurant sur les documents officiels. Tous ces éléments leur furent transmis, par le Rabbi, de Paris, dans une lettre datée du 28 Tichri.

Dans d’autres courriers, rédigés en ‘Hechvan et Kislev, le Rabbi exhorta ces responsables à faire tout ce qui était en leur pouvoir afin d’obtenir des autorisations d’entrée aux États-Unis pour son beau-père et pour les membres de sa famille.

Ces autorisations furent difficiles à obtenir, malgré les multiples interventions des responsables de l’Association ‘Habad, aux niveaux les plus élevés de l’administration américaine. Les efforts furent essentiellement concentrés sur un seul objectif, le sauvetage du précédent Rabbi qui courait un réel danger. C’est à l’avocat Max Rodd, dont la compétence était bien connue, que fut confié le suivi du dossier de ce sauvetage auprès des autorités de l’immigration, à Washington. Au cours de la période pendant laquelle il fallut attendre les différentes autorisations nécessaires pour que le précédent Rabbi quitte la Pologne occupée, le Rav Jacobson demanda à Rodd d’obtenir cette même autorisation pour le Rabbi.

À l’époque, Paris, où le Rabbi résidait encore, n’avait pas encore été conquis par les nazis. Il y avait donc bon espoir que le sauvetage du Rabbi soit plus aisé. Dans l’argumentaire accompagnant la demande du Rav Jacobson, il fut précisé que la présence, aux États-Unis, du gendre, dont la capacité à diriger était clairement établie, rendrait plus aisé le sauvetage du beau-père, le précédent Rabbi. Cette demande, formulée à l’avocat Rodd, fut confirmée par une lettre que lui écrivit l’avocat Sam Kremer, le 21 ‘Hechvan 5700-1939.

En Kislev 5700-1939, les démarches pour le sauvetage du Rabbi furent concrètement engagées. Il fut décidé d’établir les documents nécessaires pour présenter une demande de visa d’installation aux États-Unis. Meïr B. Harton, un homme, lui-même issu d’une famille ‘Habad, qui ressentait le devoir moral de participer au sauvetage de la famille du Rabbi, signa alors un engagement à prendre en charge financièrement le Rabbi et la Rabbanit, dès leur arrivée aux États-Unis.

Dans cet engagement, il était également précisé que le Rabbi possédait un diplôme d’ingénieur en électricité, ce qui devait faciliter son installation aux États-Unis et supprimer, pour les autorités, la crainte d’être dans l’obligation de lui attribuer une aide sociale. Le Rabbi et la Rabbanit se rendirent au consulat américain à Paris dès qu’ils furent en possession de ce document et y déposèrent, en tant que citoyens russes, une demande de visas ordinaires d’immigration aux États-Unis.

De tels visas étaient, à l’époque, délivrés en nombre limité et l’on savait que la procédure devait durer environ six mois. Néanmoins, l’instabilité que l’Europe connaissait durant cette période ne permettait pas aux responsables de rester inactifs pendant tout ce temps. Ceux-ci s’efforcèrent donc d’activer les démarches.

Selon les informations qui parvenaient alors aux États-Unis, on ne fut pas en mesure d’établir quelle suite le consul américain à Paris avait donnée à ces démarches. L’avocat Rodd tenta d’entrer en contact avec le consul, mais il n’y parvint pas. Il demanda donc au Rav Jacobson, par lettre du 15 Tévet, d’adresser un télégramme au Rabbi pour lui demander de confirmer qu’il avait bien reçu l’engagement financier qui lui avait été adressé et de préciser quelle avait été la réponse apportée par le consul à sa demande.

À un certain stade de la procédure, les responsables, qui dirigeaient ce sauvetage, décidèrent, avec l’accord de Rabbi Yossef Its’hak, de demander des visas exceptionnels, pour lui et pour tous ses proches. Cette requête fut justifiée en arguant du fait qu’il ne s’agissait pas de simples rabbins, mais de personnes possédant un rang élevé dans la hiérarchie rabbinique, de dirigeants d’une haute stature spirituelle, dont le sauvetage était une nécessité absolue pour le Judaïsme mondial. Grâce aux nombreuses interventions engagées par ces responsables, les représentants du Département d’État acceptèrent effectivement cette formulation.

En conséquence, une demande de visa de groupe, pour toutes les personnes concernées, fut présentée à Riga. Parmi ces personnes, le Rabbi était, bien évidemment, mentionné. Il était précisé, à son propos, qu’il assumait des fonctions rabbiniques et qu’il avait dirigé différentes actions communautaires. En outre, il avait participé à la rédaction du périodique de Torah « HaTamim » qui était édité à Varsovie dans les années 1935 à 1939 et dont la parution avait été interrompue du fait de la guerre. Dans ce document, le Rabbi était présenté comme un homme d’une exceptionnelle érudition, capable d’apporter une contribution décisive aux différentes disciplines du Judaïsme.

Le 25 Tévet, le secrétariat de l’Association des ‘Hassidim ‘Habad reçut un télégramme du gendre de Rabbi Yossef Its’hak, le Rav Shmaryahou Gurary, signifiant la demande pressente de son beau-père d’engager, au plus vite, la procédure afin d’obtenir des visas pour ses deux autres gendres : « Schneerson de Paris et Horenstein de Trieste ». Ce dernier, néanmoins, allait périr, avec son épouse, tous deux victimes de la barbarie nazie, comme on allait l’apprendre à l’issue de la guerre.

Au milieu de Chevat, les responsables se concertèrent pour déterminer s’ils devaient agir immédiatement pour obtenir l’immigration du Rabbi ou bien s’il était préférable d’attendre, pour les raisons suivantes : D’une part, il était dit dans la demande de visa ordinaire que le Rabbi était ingénieur en électricité. Ainsi, la contradiction entre ce document et la demande de visa exceptionnel risquait de compromettre le sauvetage de tout le groupe, y compris celui du précédent Rabbi lui-même. De plus, on pouvait craindre qu’une confusion soit faite par les autorités, si elles autorisaient l’entrée dans le pays de quelqu’un qui avait pour nom de famille Schneerson. Il aurait donc pu en résulter un préjudice pour Rabbi Yossef Its’hak lui-même. Par ailleurs, depuis qu’ils avaient quitté la Russie, le Rabbi et la Rabbanit étaient apatrides, ce qui compliquait l’obtention de leurs visas.

À l’issue de cette concertation, et sur le conseil des avocats, il fut décidé de surseoir à la demande concernant le Rabbi pendant quelques temps, jusqu’à ce que l’autorisation définitive soit obtenue pour le Rabbi précédent et que celui-ci puisse quitter Riga. Après cela, on pourrait multiplier les efforts pour sauver son gendre et sa fille, qui étaient encore à Paris.

Le 4 Adar Richon, le Rabbi précédent fit savoir, par télégramme, qu’il avait obtenu des visas d’immigration pour lui et pour tous ceux qui l’accompagnaient. En conséquence, on demanda à l’avocat Butler, qui avait remplacé Rodd, de solliciter, à Washington, un visa exceptionnel pour le Rabbi, dont le nom figurait également dans la liste du groupe.

Le 10 Adar Chéni, l’avocat Butler fit savoir aux responsables de l’Association des ‘Hassidim ‘Habad qu’il n’était pas encore parvenu à déterminer la suite ayant été donnée à la demande qu’il avait présentée pour le Rabbi. Malgré cela, dix jours plus tard, le 20 Adar Chéni, il les informa de son intention de réitérer sa requête, auprès du Département d’État, afin d’obtenir des visas exceptionnels pour tous les membres du groupe qui se trouvaient encore en Europe, y compris pour le Rabbi.

Le Rabbi Yossef Its’hak, une partie de sa famille et quelques ‘Hassidim, parmi les plus proches parvinrent à Riga, après avoir été miraculeusement sauvés de l’enfer nazi, le dimanche 5 Tévet 5700-1940. Ils restèrent là près de trois mois, jusqu’au 24 Adar Richon.

C’est à cette date qu’ils prirent place à bord du bateau « Le Dratinghalm », en partance pour les États-Unis.

Se trouvant déjà sur ce bateau, Rabbi Yossef Its’hak envoya une lettre à un responsable communautaire de Jérusalem, lui demandant d’expédier de la Matsa Chemoura à Paris pour son gendre, le Rabbi.

Parvenu à New York, le 9 Adar Chéni 5700-1940, le Rabbi précédent multiplia les démarches pour que l’on vienne au secours des Juifs qui se trouvaient encore en Europe. Il s’efforça, en particulier de sauver les autres membres de sa famille, ses deux filles et ses gendres.

À partir de cette date, l’action de sauvetage du Rabbi fut directement conduite par son beau-père, avec une abnégation qui ne connaissait aucune limite et un profond désir d’aboutir à une issue positive.

 

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