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Photo : Le Rav Meir Ashkenazi, Rav de Kfar Habad et le Rav Reouven Matusof,  Chalia’h du Rabbi à la Lichka

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Le Rav Reuven Matusof est, depuis près de 40 ans, l’émissaire du Rabbi de Loubavitch à la Lichka. Il est notamment chargé, à la demande du Rabbi, de diffuser en France la Matsa Chemoura de Kfar ‘Habad. 

 

Comment peut-on présenter la mitsva de consommer la Matsa à Pessa’h ?
C’est une des deux principales mitsvot du Seder de Pessa’h. Il y a le récit de la Haggada, qui est la mitsva de raconter la sortie d’Égypte, et la mitsva de consommer la Matsa, mentionnée de nombreuses fois dans la Torah, par exemple dans Chémot 12,18 : “Le premier mois [Nissan], le 14ème jour du mois au soir, vous mangerez des Matsot…” Contrairement à la consommation du Maror et des quatre verres de vin du Séder, qui sont d’instauration rabbinique («deRabanan»), la Matsa est, même aujourd’hui, une mitsva de la Torah («deOraïta»).

 

 

Quel est le sens de cette Mitsva ?
La Matsa est du pain azyme, c’est-à-dire non levé. Elle symbolise l’humilité qui est indispensable face à D.ieu pour être un digne récepteur de la Torah. Comme les Sages l’enseignent, «un récipient plein ne peut plus rien contenir». Dès lors, une personne pleine d’orgueil, imbue d’elle-même, n’a pas de place en elle pour recevoir la sagesse et la morale divines qui feront d’elle une personne bienfaisante. Le peuple juif, en sortant d’Égypte, s’est rendu au Sinaï pour recevoir la Torah, puis en Terre d’Israël pour l’accomplir. Pour cela, il était nécessaire qu’il laisse derrière lui l’orgueil – symbolisé par le levain – et qu’il devienne comme la Matsa. Dès la naissance de notre peuple, l’engagement devait être total et toute trace d’orgueil exclue. Et c’est bien ce qui arriva : le peuple juif suivit D.ieu dans un désert aride, plaçant sa vie entre Ses mains, comme le dit magnifiquement le prophète Jérémie: «Ainsi parle l’Éternel: Je te garde le souvenir de l’affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles, quand tu Me suivais dans le désert, dans une région inculte.» D’un point de vue mystique, le Zohar enseigne que la Matsa est «le Pain de la Foi», qui révèle en nous les forces profondes de notre âme pour nous permettre de nous engager en totale liberté avec D.ieu et obtenir les bénédictions divines d’abondance dans tous les domaines et aussi «le Pain de la Guérison», qui nous permet de surmonter nos faiblesses et nos erreurs passées pour redémarrer sur des bases saines. Le premier soir de Pessa’h, c’est plutôt le Pain de la Foi, et le second soir, le Pain de la Guérison. Lorsque la foi entraîne la guérison, celle-ci est divine et totale.

 

 

Existe-t-il différentes sortes de Matsot ?
Dans toute chose, il y a une dimension de qualité, et vous trouverez des produits « simples » et des produits de « qualité supérieure ». La question se pose pour votre voiture, votre maison, vos habits et votre téléphone portable. Elle se pose avec encore plus d’acuité pour l’éducation de vos enfants, et pour vos démarches de santé. Cela existe aussi dans les Mitsvot, et cela porte un nom : le «Hidour Mitsva», c’est-à-dire la démarche d’accomplir une Misva de la meilleure manière possible. Ainsi, il existe des Téfilines «pchoutot» (simples) et «méhoudarot» (présentant de nombreuses qualités dans la perfection de l’écriture, le choix des techniques employées, la finition, etc). De même, pour le Loulav et l’Etrog, il y a celui que l’on pourra seulement qualifier de « cachère », et celui qui sera « méhoudar », présentant tous les avantages répertoriés dans la Halakha. C’est vrai également dans la cacherout (les lecteurs du Cachère Magazine en savent quelque chose) : il y a « cachère » et « méhoudar ». Et bien sûr, il en est de même pour les Matsot. A cet égard, on peut classer ainsi les différentes sortes de Matsot :
1. La Matsa simple, qui a comme qualité seulement de ne pas être du ‘Hamets.
2. La Matsa ronde et non carrée.
3. La Matsa Chemoura, fabriquée à la machine et non à la main
4. La Matsa Chemoura dont la fabrication est partiellement faite à la main
5. La Matsa Chemoura ronde fabriquée intégralement à la main.
Dans ce domaine, il se passe un phénomène intéressant à Pessa’h : on constate que toutes les familles juives, quel que soit leur degré de pratique, font des efforts particuliers à Pessa’h, plus que toute l’année, pour obtenir une cacherout irréprochable. Pessa’h est un moment privilégié où chaque Juif a à cœur d’exprimer son attachement à D.ieu en accomplissant les rites de la fête à la perfection. On voit d’ailleurs que, dès qu’on explique l’importance d’avoir de la Matsa Chemoura pour le Seder, tous en font volontiers l’acquisition. Quand on sait que le Ari Zal a promis que «Celui qui se garde de la plus infime quantité de ‘Hamets pendant Pessa’h est assuré de ne pas fauter toute l’année», on comprend que les Juifs déploient tant d’efforts dans la cacherout de Pessa’h et dans celle des Matsot en particulier.

 

 

C’est d’ailleurs l’objet d’une des célèbres Campagnes des Mitsvot du Rabbi de Loubavitch.
Oui, le Rabbi a énormément insisté pour que l’on veille à ce que tout foyer juif, sans exception, dispose de Matsa Chemoura ronde, faite à la main, à l’image de celles que nos ancêtres consommèrent en sortant d’Égypte, au minimum pour les deux Sedarim de Pessa’h. Il a demandé que l’on réinstaure la coutume que le rabbin distribue à sa communauté ces Matsot pour le Seder et que toute personne exerçant une quelconque influence dans la communauté participe de cet effort. C’est pour cela que toutes les institutions ‘Habad-Loubavitch dans le monde diffusent la Matsa Chemoura. La Jeunesse Loubavitch se charge d’en distribuer aux nécessiteux, aux soldats de Tsahal, etc.

 

 

Pourquoi le Rabbi a-t-il lancé cette campagne ?
Nous venons tout juste de célébrer Pourim. De même que Morde’haï à cette époque a suscité le réveil du Peuple juif, ce qui a non seulement sauvé le peuple du décret d’Haman, mais a préparé son retour en Terre Sainte et la construction du Second Temple, le Rabbi s’est donné la devoir de renforcer notre génération dans tous les domaines du spirituel. Dans ce contexte, le «Pain de la Foi» est un élément fondamental.

 

 

Mais que veut dire qu’une Matsa est “Chemoura” ?
«Chemoura» signifie «gardée», «surveillée», comme dans le verset : «Vous garderez les Matsot» (Chemot 12,17). La Torah nous fait obligation de surveiller le processus de fabrication des Matsot pour nous assurer qu’à aucun moment elle n’entre en contact avec de l’humidité pour qu’il n’y ait aucun risque que le blé fermente et produise du ‘Hamets. Ce qu’on appelle «Matsa Chemoura» est une matsa produite avec une farine surveillée depuis la moisson du blé, tandis que la Matsa «ordinaire» n’est surveillée qu’à partir de la mouture.

 

 

Vous avez dit qu’il existe de la Matsa Chemoura faite à la machine. Pourquoi est-il important de consommer de la Matsa Chemoura spécifiquement faite à la main pour le Seder ?
Tout d’abord , le commandement de «Garder les Matsot» implique également que celui qui les produit ait à l’esprit l’intention de fabriquer des Matsot «pour la mitsva» de Pessa’h. À partir de là, il existe un débat parmi les décisionnaires si, lorsque qu’un Juif met en route une machine avec cette intention, cela signifie qu’il a fabriqué les Matsot avec cette intention, bien que la machine ait concrètement fait tout le travail. Tous les décisionnaires s’accordent sur le fait que cette exigence s’applique en premier lieu à la Matsa du Seder qui est la «Matsat Mitsva» (et certains pensent que cela concerne également les Matsot consommées pendant toute la fête). Un second point est qu’il est toujours plus difficile de s’assurer qu’aucune trace de pâte ne reste collée aux surfaces de travail à l’intérieur d’une machine que dans une fabrique à la main. Un dernier point est qu’il est important que les Matsot Mitsva soient rondes, car la Torah les nomme «ougot matsot» et ougot signifie ici «rondes». Ceci est développé dans la Kabbala comme revêtant une grande importance mystique.

 

 

Existe-t-il un choix varié dans la Matsa Chemoura ?
Tout à fait ! Il y a d’abord le choix entre le blé ordinaire et le blé complet, puis le choix entre les Matsot d’épaisseur ordinaire et celles spécialement fines. Cette année, pour la première fois, des Matsot qui cumulent ces deux qualités sont proposées : fines et au blé complet. Ainsi, chacun pourra choisir selon ses goûts. Les Matsot sont disponibles en boites d’un kilo et en boites de trois Matsot pour le plateau du Seder. Dans chacune de ces variétés, il est possible d’acquérir des Matsot dites de «Tanour Richone», c’est-à-dire de la première fournée après le nettoyage complet du four. Ces Matsot très méhoudarot sont, par définition, disponibles en quantité limitée. Cette année, nous avons également une petite quantité de Matsot LaMéhadrine mine HaMéhadrine dites « ‘Haboura’ », dans la production desquelles de nombreux Hidourim exceptionnels ont été ajoutés.

 

 

Concrètement, quelle est la quantité de Matsa Chemoura à acquérir pour le Seder ?
Sur le plateau doivent se trouver trois Matsot. Sachant qu’il y a deux sedarim, il faudra donc au moins six Matsot entières. Mais il faut aussi s’assurer d’avoir de la Matsa Chemoura en suffisance pour que chaque convive puisse consommer au moins un «kazaït», soit au grand minimum le quart d’une Matsa entière (qui, on le rappelle, doit être mangé accoudé et sans interruption).

 

 

Où peut-on se procurer de la Matsa Chemoura faite à la main ?
Dans tous les Centres ‘Habad-Loubavitch de France. Pour la région parisienne, on peut s’adresser au Beth Loubavitch dont le siège est au 8, rue Lamartine dans le 9ème arrondissement de Paris. On peut, si on le souhaite, venir directement à notre bureau au 8, rue Rouvet à Paris 19ème, métro Corentin-Cariou. Je me réjouis également du fait que, ces dernières années, on trouve aussi dans de nombreux magasins cachères de la Matsa Chemoura faite à la main. Toutefois, je ne peux m’engager que sur celles de Kfar ‘Habad sur le fait que celle-ci est intégralement faite à la main. Pour conclure, il est fondamental que tous les Juifs, hommes, femmes et enfants consomment au minimum un kazaït de Matsa Chemoura faite à la main chacun des deux Seders de Pessa’h. Chaque année, Pessa’h est «le Temps de notre Liberté» qui nous permet de vivre toute l’année une vie juive authentique dans le monde d’aujourd’hui et de continuer à avancer vers notre dernière délivrance, celle de Machia’h, qui concrétisera la promesse du Seder : LeChana Habaa Birouchalaïm – L’An Prochain à Jérusalem ! J’ajoute que nos lecteurs pourront trouver de nombreux approfondissements sur ce sujet sur notre site : LichkaLubavitch.org

 

 

 

 

 

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