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Serge Benattar est né en 1949 à Oran, en Algérie. Il quitta ce monde à Paris le 27 juillet 2011, 25 Tamouz 5771, après que, lui et son épouse Lydia qui a depuis repris le flambeau,  aient réussi le grand défi de réunir toutes les communautés juives de France au travers d’un hebdomadaire qui restera unique : «Actualité Juive».

 

Serge Benattar arrive en France à l’âge de 13 ans en 1962, peu après la guerre d’Algérie. Il fallait bien tout reprendre dans cet autre pays.

Lorsqu’il commence dans la vie, Serge Benattar n’est pas promis à une grande carrière d’éditorialiste… Après trois ans d’étude à l’ORT de Montreuil, il sort de là avec un CAP de mécanicien tourneur.

C’est en Israël que Serge rencontre Lydia, lui le juif pratiquant originaire d’Oran et elle de famille ashkénaze à 100 % d’origine polonaise assimilée et française, petite-fille de trois grands-parents déportés morts de faim et de froid parce qu’ils étaient juifs.

En 1979, Serge et Lydia créent l’ancêtre d’Actualité Juive, le journal «Aleph », une expérience qui a duré deux ans et a été écourtée faute de moyens. Entre-temps, Ils ont trois enfants, qui plus tard sont tous scolarisés en écoles juives et fréquentent différents mouvements de jeunesse, l’un de leur fils a même fait l’armée en Israël.

Ce parcours avec la communauté a conduit Serge à créer Actualité Juive. En 1981, Actualité Juive voit le jour. A l’époque, il s’agissait de 8 pages de format A4. Mais Serge et Lydia font tout, tout seul. Ils gèrent la publicité, la maquette, la rédaction des articles et la distribution. La passion est là. Et il porte cette publication naissante comme un nouveau-né.

Lydia, échaudée par la faillite d’Aleph, est au départ très réticente vis-à-vis de nouvelle aventure professionnelle. Peu à peu, elle se laisse convaincre et ensemble ils hissent Actualité Juive au rang de média communautaire incontournable. Aujourd’hui, le journal est tiré à 20.500 exemplaires. Diffusé dans toute la France et l’étranger, «Actu J» est leader de la presse juive dans l’Hexagone. Quant à son fondateur, il s’est imposé comme un véritable homme de presse et de lettres. Ses éditoriaux ont rythmés les semaines des juifs de France.

Auteur d’un recueil de poèmes, éditorialiste, Serge Benattar a également signé plusieurs textes de chansons, notamment pour la star israélienne Shimi Tavori.

Nicole Guedj, ancien ministre et présidente de la Fondation France-Israël se souvient :
«Je l’ai connu en tant qu’avocate au début d’Actualité Juive. J’ai ainsi pu m’impliquer et me passionner pour cette si belle et noble aventure. Serge était pour moi un ami véritable et un guide. J’ai toujours fait appel à lui pour des décisions importantes. Il est le premier de mes amis auquel j’ai annoncé que je rentrais au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en 2004 en tant que secrétaire d’Etat aux programmes immobiliers de la Justice. J’ai pris son conseil également lorsque j’ai voulu postuler au Consistoire. Il était celui en qui j’avais confiance, mon complice, mon associé, pour monter la fondation France-Israël, pour lutter contre l’antisémitisme, etc…»

Joël Mergui, Président du Consistoire central:
“Serge était un grand homme. Un «mensch», un homme de bien, pour reprendre le terme Yiddish qu’a choisi Richard Prasquier, Président du CRIF, pour honorer le souvenir du fondateur d’Actualité Juive. J’ai connu Serge Benattar par le travail mais très vite il est devenu un ami. Il était un homme discret, réservé. Il connaissait la communauté juive comme personne. Il a aidé la communauté juive mais aussi le judaïsme. Il a rendu accessible beaucoup d’informations sur la religion que les gens ne connaissaient pas. Actualité Juive est un journal indépendant, rattaché à aucune institution. Au travers de cet hebdomadaire, il nous laisse comme héritage trente ans de journal, d’enquêtes, d’éditos… Je me souviens il y a quelques années. Nous étions à Jérusalem lors de Ticha Béav. Nous sommes allés prier au Kotel. Il tenait à faire cette prière et j’ai pu voir la profonde foi qu’il avait en D.ieu, en Israël. Il a toujours aimé les autres.%

“Je n’étais pas un intime de M. Benattar” explique Richard Prasquier, “mais j’avais un immense respect pour lui. Il incarnait l’attachement à la tradition, la rigueur morale et une parfaite équité dans ses positions et ses réactions. Je ne ratais jamais ses éditoriaux. Il cherchait à alimenter la paix au sein de notre communauté.”

 

 

Le billet de Lydia Benattar, Directrice de la Publication d’Actualité Juive

Il y a sept ans, le 25 Tamouz (8 juillet cette année), Serge Benattar (zl) nous quittait. Certains penseront « déjà » et pourtant, il me manque, il nous manque.

Je me demande souvent comment il aurait appréhendé ce magma d’informations, douloureuses à traiter et à vivre parfois. Qu’aurait-il pensé du malaise actuel des juifs de France, malaise qu’il avait pressenti il y a fort longtemps et qu’il n’a jamais cessé de dénoncer ?

Depuis sept ans, tu ne nous as pas laissé le choix que de poursuivre cette « oeuvre » que tu as créée voilà trente-sept ans. Avec les enfants et l’équipe, nous faisons en sorte que le navire arrive chaque semaine à bon port, contre vents et marées.

Plus qu’un hebdomadaire, Actualité juive est devenu au cours des années une institution, une mémoire vive de la communauté, un média qui recèle des trésors d’archives.

Trois décennies d’histoire des juifs de France de 1981 à 2018 qu’il conviendrait sans doute de sauvegarder et de mettre à la disposition des historiens, des étudiants et des chercheurs. Actualité juive est une histoire de famille.

Merci à tous nos lecteurs, nos contributeurs, nos annonceurs d’être là toutes les semaines depuis 1486 numéros.

 

“Cette fois-ci, on ne leur prête plus, on les abonne”, par Alain Kaminski

 

 

Il y a dix ans, lors du dîner annuel du CRIF, je m’entretenais très longuement avec Serge Benattar (za’l) sur la vie d’un journal et l’importance de sa pérennité.

Merveilleux, c’est le seul terme que je puis trouver pour garder le souvenir d’un entretien avec un  homme lui-même merveilleux.

Je lui racontais qu’Actualité Juive était souvent lu par des gens qui ne l’achetaient jamais, ce qui le faisait bien rire. Le mois dernier, je découvrais encore un exemplaire sur la commande d’un vieil ami à qui je rendais visite, le journal lui avait été apporté par un voisin qui l’avait récupéré de son frère dont un des enfants était abonné. L’hebdomadaire, cité supra, avait donc fait une tournée de quatre familles et la tournée n’était sans doute pas terminée.

Je proposais alors à Serge une grande campagne d’abonnements, il m’en donna le feu vert à la seule condition de renouveler l’expérience tous les dix ans car, me disait-il, il faut toujours être répétitif pour les bonnes causes. Cette décennie semble être arrivée à son terme, alors je pense à Serge Benattar et je lance cet appel peu ou prou circonstancié.

Pour ma part, je savoure Actualité Juive à ma façon, je dévore ce qui me passionne comme je survole à une altitude stratosphérique ce qui gêne l’esprit libre qui m’habite, sans doute trop souvent.

Qu’il me soit pardonné de penser qu’un capitaine d’industrie est performant parce qu’il est brillant et non pas parce qu’il est juif.

Qu’il me soit pardonné de relire quatre fois les excellents témoignages de Claude Bochurberg parce qu’ils me touchent profondément.

Qu’il me soit pardonné d’avoir transgressé les recommandations de la rubrique Judaïsme et d’avoir occis un moustique un chabbath pour éviter que ma petite-fille Rachel ne soit victime d’un vol en piqué dudit insecte qui aurait pu atteindre sa petite frimousse pendant sa sieste.

C’est vrai, je m’adonne à la lecture d’Actualité Juive avec ma liberté que je protège jalousement et Serge me disait de continuer comme ça parce sa mission était de satisfaire toutes les sensibilités.

Il avait mille fois raison, c’était un rassembleur.

Je suis bouleversé bien sûr quand je lis les noms de ces enfants d’Israël qui perdent leur vie pour sauver celles des autres. Je suis fier de lire les noms de nos anciens, disparus au cours de la Shoah, honorant ainsi par ma seule lecture leur mémoire.

Puis en fin de journal, je me délecte parfois de ces petites annonces où je découvre qu’une jeune femme d’origine séfarade au physique agréable, aimant cuisiner, cherche un homme ashkénaze, non-fumeur, aimant voyager, en vue d’affinités.

Aussi, une petite annonce qui nous apprend qu’un bébé est arrivé dans un foyer et que naturellement, il est le plus beau bébé de l’année.

Serge avait raison, il en faut pour tout le monde.

Alors Serge, une dizaine d’années ont passé et une promesse doit être tenue.

Je propose à tous les abonnés de ne plus prêter Actualité juive, ou presque, mais d’offrir un abonnement à l’occasion d’un anniversaire, d’un événement familial, de Roch Hachana qui arrive très tôt cette année, et cela remplacera un énième parfum, un énième gâteau, une énième cravate, en revanche le nouvel abonné pensera à vous chaque semaine, c’est garanti.

Je propose à toutes les familles d’abonner les personnes âgées isolées, en maisons de retraite ou vivant dans des petites communes de province là où la vie juive apparaît chaque jour comme un lointain souvenir, car d’expérience, je puis vous dire que chaque semaine c’est un rayon de soleil qui envahit les boîtes aux lettres.

Je propose enfin à tous les lecteurs ayant bénéficié d’un abonnement annuel en cadeau de le renouveler d’eux-mêmes, exprimant ainsi leur soutien indéfectible à un journal qui, en avoisinant le 1500e numéro, a su montrer sa fidélité à la Communauté juive de France.

Dix années ont passé après notre entretien, Monsieur Benattar. Respect.

Alain Kaminski
Secrétaire général de la Fédération des Sociétés Juives de France

MOI AUSSI JE M’ABONNE A ACTUJ!

 

 

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